NE RIEN COMPRENDRE OU LA STRATEGIE DE LA GESTICULATION


« Pour [les djihadistes] il ne peut y avoir aucune explication qui vaille. Car expliquer, c’est déjà vouloir un peu excuser » (Valls le 09 janvier 2015), puis « j’en ai assez de ceux qui cherchent en permanence des excuses ou des explications sociologiques ou culturelles à ce qui s’est passé » (Valls, toujours, le 26 novembre 2015)…
L’exécutif a choisi, volontairement, consciemment, et politiquement (en la définissant comme ligne politique), de ne pas vouloir chercher à comprendre et expliquer les événements en assimilant par avance toute démarche de compréhension à une culture de l’excuse déresponsabilisante… Nous sommes très loin de la vision du décideur politique de Raymond Aron et de sa capacité essentielle à « honorer ses traites »…
S’interdire de comprendre et de « penser » son ennemi, c’est faire correspondre dans un tout global simplificateur les champs d’opérations, les lignes géographiques, culturelles, religieuses comme historiques et refuser de comprendre que nous ne sommes pas en phase de décomposition du Moyen-Orient (phase commencée en 1979 et achevée en 2011) mais en phase de recomposition, dans lequel l’Etat Islamique promeut la création / développement d’un nouvel ordre.
Découle aussi de là, l’incapacité à comprendre et analyser les objectifs stratégiques de l’Etat Islamique comme de se projeter et à anticiper les suites de ces objectifs : tôt ou tard, Al-Baghdadi devra défier le royaume saoudien. De même, découle de là l’incapacité de comprendre l’asymétrie de sens que les actions de l’Etat islamique produit, tant en interne qu’en externe ; et qui permet à la fois l’extension de son influence et son enracinement territorial.
Ne pas vouloir comprendre son ennemi, c’est aussi s’interdire (ou se restreindre à) la compréhension de ses objectifs ; donc restreindre ses choix stratégiques à de simples bombardements périphériques, que l’on déclare intensifier aux grés des prises de paroles publiques, en espérant des jours meilleurs…. et c’est malheureusement aussi confondre le point de vue de l’ennemi avec celui des autres acteurs (partenaires, alliés, adversaires, …) comme avec le sien. De ce fait, découle la multiplication des théâtres d’engagements et le risque de se créer de nouveaux ennemis. En ce sens, refuser de connaître et comprendre un ennemi, c’est se condamner à ne pouvoir le vaincre ; et ce même si vaincre dans un premier temps consiste à survivre stratégiquement, c’est-à-dire à tenir la position et contenir son ennemi.
Ni recherche de compréhension, ni même d’ailleurs recherche d’explication… Déni du projet politique de l’Etat Islamique, déni de la réalité de l’ensemble de ses actions réduites à de simples actes terroristes, déni de son rapport aux territoires qu’il contrôle, déni de son rapport à l’Histoire des Hommes et du monde, déni de sa filiation à des valeurs sacrées et à des croyances (religieuses ou pas), déni de la part d’ombre du pouvoir, déni de trajectoires historiques différentes, déni de la guerre même et de sa réalité…, déni, déni, déni…
Mais plus encore ; au mieux sans en prendre conscience, au pire en toute conscience ; c’est avouer se soumettre individuellement (le responsable politique qu’est le Premier Ministre avec de tels propos) et collectivement (la Nation qu’il prétend diriger/incarner) aux circonstances.
En réalité, pour notre exécutif, il s’agit d’exploiter politiquement un phénomène et ces conséquences plutôt que de le traiter et le résoudre. Cette logique du déni du savoir permet toutes les manipulations idéologiques, et notamment plus prosaïquement de faire passer des vessies pour des lanternes…

Il faut se défaire du mauvais goût de vouloir être d’accord avec le plus grand nombre


Nous croyons à une manière différente de penser, de comprendre et d’analyser le monde. En ce début d’année, anticiper le monde autrement avec efficience, c’est mettre en place des processus et services innovants, élaborés et efficients. Et, il se trouve que nous remettons en cause le statu-quo, en proposant des services utiles à la connaissance et compréhension du monde, ainsi qu’à l’anticipation géostratégique.
Au-delà de nos missions traditionnelles de renseignements, d’analyses géostratégiques et de Public Affairs ; nous proposons deux services de renseignements géostratégiques : un service de notes d’analyses stratégiques rédigées en fonction de l’actualité et une lettre de veille géostratégique généraliste.

Geo-k@geo-k.com

RETOUR AU REEL


1/ « L’effroi », « la peur », deux mots employés par le Président de la République lors de son allocution de vendredi 13 novembre minuit… L’émotion, quelque fut-elle n’est pas bonne conseillère. De là, l’effroi de nombreux responsables qui prônent la remise en cause de nos fondamentaux tout en proclamant que nos valeurs seront plus fortes… L’incompétence, le déni, l’irresponsabilité, se disputant à la bêtise !

2/ Des actions terroristes planifiées, coordonnées, séquencées et produisant une attaque simultanée. Aucun doute. Mais aucune surprise stratégique. Les groupes sont structurés avec des personnes motivées, ce qui semble « surprendre » nos responsables politiques… Le déni continu de perdurer, certains de ces mêmes responsables politiques parlant de « fous » et de « drogués », de personnes pouvant être « réinsérés », puisque nous sommes d’avance coupables… Il est vrai qu’ils ne sont pas aidés par certains experts autoproclamés et quelques personnes médiatiques…
Nous ne faisons pas la guerre à des terroristes mais à un (des) groupe(s) pratiquant notamment le terrorisme. Nous sommes dans le prolongement d’une dynamique. La fréquence s’accélère. Les mesures prises depuis lundi auraient pu être prise en janvier. Découvrir ce qui était connu semble surprenant / aberrant.

3/ Nommer l’ennemi. Se tromper d’ennemi ou refuser de le nommer revient à s’y soumettre. L’Ennemi ce n’est pas Daech ni l’Etat Islamique. Notre ennemi n’est pas tant le terrorisme que sa cause profonde. Notre ennemi c’est l’idée dont il est le fruit. Notre ennemi, c’est l’idéologie en cause. Notre ennemi, en ce cas, c’est le salafisme (wahhâbisme salafiste). Mais pas d’illusion non plus, c’est bien d’abord l’Islam qui est en cause dans ce lien étroit qu’il entretient avec le djihadisme. Si, les Balkans, une des zones historiques de confrontation, permettent de le dire ; cette incarnation trouve son siège dans la péninsule arabique. C’est là que, se trouvent les émetteurs des ondes salafistes radicales qu’il faudra bien, un jour ou l’autre, et le plus tôt sera le mieux neutraliser : des émetteurs d’idées bien sûr mais aussi des sources de financements et des « stratèges ».
Au-delà se poser les bonnes questions : quel est notre adversaire/ennemi ? Quelle est sa structure ? Nos actions sont-elles adaptées ?

4/ Mais, nous serions incomplets si nous ne nommions pas aussi les motivations politiques et sociales à l’œuvre, tant dans nombre de ces pays qu’au sein du notre dans l’édification de plusieurs (et, oui, plusieurs !) modèles de radicalisation. Nous sommes attaqués par des ressortissants d’abord français et européens. Le comprendre est utile. L’intégrer comme globalité cohérente est primordiale.
L’un des problèmes majeurs étant l’attraction de ce(s) modèle(s) sur une fraction de notre population en tant qu’étiquette identitaire. Car le parcours des terroristes est édifiant : copains déscolarisés, petits voyous de quartiers, délinquants ratés emprisonnés, criminels idéologiquement repentis au travers d’un « reborn muslim » par le biais de vieilles célébrités du terrorisme djihadiste, voyageurs de différents pays « formateurs » ; autant d’étapes d’un parcours initiatique leur procurant une pensée, une cause, un sens, une action, une identité et un destin : le « Meurs et deviens » de Goethe. Le terrorisme comme réponse offerte. Et, plus inquiétant, une réponse rationnelle car s’appuyant sur une vision, sur un modèle de société partagé ! Ajoutons à cela une revanche générationnelle…
De ce fait, le problème est d’abord politique avant d’être sécuritaire, même si inversement, l’urgence dans le temps est la réponse sécuritaire.

5/ L’espace Shenghen n’est pas en cause. Ce qui est en cause c’est l’abolition des frontières internes au profit de frontières extérieures sans avoir voulu mesurer leurs localisations et les conséquences de celles-ci ; sans interconnecter et unifier les fichiers des services. Croire qu’il est possible de le remettre en cause avec les conséquences sur la mobilité des gens et des affaires ne résistera pas aux faits…

6/ Le tout sécuritaire est illusoire… de même qu’il l’était déjà en janvier… Nos politiques devraient l’intégrer et reconnaître que les attentats de Paris du 13 novembre sont aussi la conséquence / marque d’une faille de notre structure / communauté du renseignement. Ne pas le reconnaitre (Pr, PM, Minint), ne pas vouloir le dire (PS, UDI et LR notamment), ne pas vouloir en tirer des conclusions évidentes (Mindef), nier la réalité (PM et Mindef sur le Mali, sur Al-Qaeda, …) est non seulement irresponsable mais sera lourd de conséquences stratégiques pour nos concitoyens.

7/ Vouloir à la faveur des craintes de l’opinion vouloir créer une législation d’exception est la démonstration même de notre incapacité à gérer l’événement. Pour rappel ce que nous écrivions déjà en janvier 2015 : ces émotions nous conduisent à des prises de décisions exclusivement en réaction. Jamais dans l’initiative. Le fait le plus parlant est l’historicité des lois antiterroristes françaises : elles ont toutes été prises après des événements, jamais avant. La dernière en date (octobre 2014) n’étant pas encore complétement mise en œuvre, alors même qu’ils confondent à la fois le champ de l’action (sécuritaire/militaire) et le temps de l’action (avant/après). Encore une fois, nouvel attentat = nouvelle(s) mesure(s) juridiques !
Sur ce thème, il est malheureusement déplorable de constater que notre exécutif décide de mettre en place des mesures qu’il refusait en janvier, critiquant à l’époque leur simple évocation (état d’urgence, lois d’exception, déchéance de nationalité, …). L’opposition n’est pas en reste dans son incohérence… et sa fuite en avant.

8/ A ce titre, il conviendrait de mesurer que c’est bien maintenant que ce joue notre réponse aux événements.

9/ Notre priorité est de mettre davantage de moyens sur le renseignement intérieur comme extérieur. Mais des moyens seuls ne suffiront pas. Notre toute première priorité doit être ; d’urgence ; de revoir l’organisation de notre communauté de renseignements, ses méthodologies d’acquisition et d’analyse, ses stratégies
En matière de renseignements, il n’y a pas de résultats immédiats aux décisions prises ou à prendre. Le temps et le champ du renseignement ne sont ni celui du politique ni, encore moins, celui des médias. Pour obtenir des résultats, il faut investir, pas seulement en moyens (équipements, humains qu’il faut recruter, former) mais surtout en sources, contacts, relations entre partenaires (services étrangers) ce qui prend du temps (des années !) et une constance que rien n’ébranle. Le temps long…
D’autre part, il faut se rappeler quelques règles en matière de coopération de renseignement : on n’échange qu’à crédibilité/confiance égale, presque uniquement en bilatéral selon le vieil adage : « plus il a de monde autour de la table, moins il y a de renseignements sur la table ». Et ce, alors même que nous n’avons pas une vision commune européenne de ce que doivent être les missions des services de renseignements de sécurité.

10/ Il va falloir se poser la question de nos relations avec les pays de cette zone du Moyen Orient : Arabie Saoudite, Qatar, Turquie, la liste n’est pas exhaustive… Cela ne va pas plaire aux affairistes en tout genre.
Il nous faut reprendre l’initiative et renouer avec une véritable politique extérieure. Depuis 1976 (refus de la France de maintenir la protection des minorités d’Orient), nous avons abondamment trahis nos engagements, multipliés les erreurs et les incohérences (cf Shah, cf Khomeiny, Cf Saoudiens, cf OLP, Cf Turquie, Cf Algérie, Cf Serbie, Cf les dictateurs arabes de Moubarak à Ben Ali en passant par Saddam Hussein ou Kadhafi sans omettre Hafez puis Bachar El Assad, cf Poutine).
Le Quai d’Orsay ne cesse de définir une politique diplomatique incohérente et la justifie sur la « morale » (laquelle ? la nôtre ? donc automatiquement la meilleure car par définition à portée universelle).
Retrouver alors la confiance (dans le temps long) de nos interlocuteurs vis-à-vis de nos intérêts, de nos ambitions, de nos initiatives.

11/ Intégrer la réalité de nos possibles. Le Proche et Moyen-Orient est entré dans une phase de recomposition : fragmentation de l’espace du Proche et Moyen-Orient avec désagrégation des Etats et des sociétés. Le vide politique est important dans une situation post-autoritaire/idéologique fragilisant de nombreux Etats : les connus (Irak, Syrie, Egypte) mais aussi d’autres (Turquie, Arabie Saoudite, Iran, Jordanie). Il nous faut accepter que l’Irak et la Syrie (au minimum), voir plus large (Turquie, Arabie Saoudite, Jordanie, …) comme ils existaient ne seront plus…
Sur le vide politique, EI construit sa force. EI a un discours révolutionnaire (contre l’oppression chiite et les corrompus s’appuyant sur l’ingérence étrangère) et contre-révolutionnaire (avec un projet de développement social), lui permettant d’agréger différents aspects et différentes dynamiques. Le PMO comme les peuples qui le composent ont leurs propres histoires, dynamiques, intérêts, certitudes, envies, espoirs… qui ne sont pas nécessairement les nôtres (ce n’est rien de le dire !). De l’autre côté, l’occident est décrédibilisé depuis longtemps, y compris dans sa croyance/arrogance en sa supériorité naturelle. L’influence occidentale est mal perçue avec raison (avec constance, depuis des décennies, nous nous efforçons de le démontrer !).

Notre marge de manœuvre politique comme stratégique pour participer à cette recomposition est donc très limitée. A mon sens, il est probable que EI s’effondre sur lui-même, sans aucune relation avec nos propres frappes. Mais même cet effondrement ne procurera aucune solution, puisque la seule solution est politique. Nos options stratégiques sont donc extrêmement réduites. Nous assistons à la fin d’une période de transition amorcée en 1989/1991 ; période qui voulait créer un nouvel ordre mondial. Fin d’une période de transition mais aussi fin d’un âge historique.

NE RIEN CEDER


Nous relevons nos blessés,

Nous honorons nos morts

Et nous sommes déterminés, fiers et forts.

Fiers et forts de notre Histoire, de nos valeurs, de notre tolérance et de notre liberté.

Déterminés à nous défendre.

Déterminés à faire face.

Déterminés aussi à combattre, défaire et détruire tous ceux qui nous attaquent.

Déterminés de chercher, lutter, trouver, annihiler nos ennemis.

Et ne rien céder.

 

Je suis en COLERE (bis)


Réveillons-nous !

La France est en situation d’urgence. Urgence sociale, économique et désormais sécuritaire. C’est un échec tragique de notre politique extérieure comme de notre politique sécuritaire…. On se focalise sur une cagoule et un couteau et on fait de la communication politique.

Nous sommes encore une fois (les deux discours du Président) dans l’émotion, dans l’emphase. Et nous faisons (premières décisions prises suite au Conseil de défense) de la surenchère sécuritaire : sentinelle (en janvier), fermetures des frontières, état d’urgence, lois sur le renseignement, …). Le temps ne doit pas être celui de l’émotion, de l’effroi, de la peur… ni de la colère.

Que se passera-t-il demain ? Il nous faut prendre du recul et ne pas (encore une fois) céder à l’émotion. Quelle stratégie ? Quels moyens ? Quels budgets ? Nous sommes encore une fois surpris ! Nous déployons les militaires sur le territoire, nous déployons des moyens aériens (limités) puis de manière temporaire le groupe aéronaval, nous créons une nouvelle loi sur le renseignement (comme à chaque fois)…. Mais cela ne définit pas une stratégie !

Stratégie = définition d’un objectif à atteindre, des moyens alloués et de la trajectoire pour l’atteindre.

 

Pour rappel, ce que je disais en janvier 2015 suite aux attentats contre Charlie

Ce qui devrait nous conduire à réfléchir prospectivement à ce que nous devons redouter dans les temps immédiats à venir : des raids plus ou moins planifiés et coordonnés de petits commandos terminant dans l’apothéose kamikaze. Sans folie d’aucune sorte de leur part, tuer pour participer à la tuerie…

Au-delà, la crainte véritable doit résider dans l’hypothèse d’une attaque de tueurs déterminés et coordonnés, s’inscrivant volontairement dans la durée de l’action afin de saturer les forces sécuritaires concernées, semant le doute, l’effroi et discréditant l’action publique. Mais, là encore, rien de neuf : le scénario de multiples attaques séquencées et/ou simultanées est redouté depuis Bombay. Vers un djihad de masse sur notre territoire…

 

Et ce que je disais suite à l’attaque du Thalys :

Le plus dur est devant nous. L’Etat Islamique (E.I) a décentralisé à l’extrême les cellules qui peuvent être désormais individuelles

D’autres actions comparables sont à redouter. Avec l’attaque du Thalys, nous avons eu de la chance. Statistiquement, en raison du nombre croissant de volontaires prêts à s’en prendre à des cibles sur notre territoire, il est malheureusement fatal qu’un jour, un ou plusieurs djihadistes, réussissent leurs missions.

 

Dresser le constat

 

Les attentats sont des actes de guerre. Aucun doute. Mais, le terrorisme n’est ni la guerre, ni un ennemi. C’est un moyen. C’est enfin et surtout un acte politique ; un modèle politique qui nous agresse afin de nous imposer son propre modèle.

Ni l’effroi ni la peur ne doivent guider nos actions. Restons fidèles à nos convictions, nos idées, nos idéaux, nos valeurs. D’autant plus fidèle à nos convictions et nos valeurs qu’elles ne sont pas universelles. Ni peur, ni renonciation.

Nommer l’ennemi c’est aussi commencer à la faire. Nommer notre ennemi c’est le dévoiler et porter la parole politique publique afin de désigner et non stigmatiser. Notre ennemi n’est pas tant le terrorisme que sa cause profonde. Notre ennemi c’est l’idée dont il est le fruit. Notre ennemi, c’est l’idéologie en cause. Notre ennemi, en ce cas, c’est le salafisme (wahhâbisme salafiste). La matrice idéologique est née en Arabie Saoudite.

Ne réduisons pas la problématique mais regardons la réalité en face.

Aujourd’hui, cet islam présente une incarnation majeure, le wahhâbisme salafiste mais pas d’illusion non plus, c’est bien d’abord l’Islam qui est en cause dans ce lien étroit qu’il entretient avec le djihadisme. Si, les Balkans, une des zones historiques de confrontation, permettent de le dire ; cette incarnation trouve son siège dans la péninsule arabique. C’est là que, se trouvent les émetteurs des ondes salafistes qu’il faudra bien, un jour ou l’autre, et le plus tôt sera le mieux neutraliser : des émetteurs d’idées bien sûr mais aussi des sources de financements et des « stratèges ».

 

Cela signifie qu’il va falloir se poser la question de nos relations avec les pays de cette zone du Moyen Orient : Arabie Saoudite, Qatar, Turquie, la liste n’est pas exhaustive… il faut un minimum de cohérence.

 

Prendre les dispositions

 

L’absence de résultats doit nous conduire à réévaluer notre posture et nous amener à définir précisément nos objectifs stratégiques au-delà de péroraisons verbales…Certes, nous avons pour nous l’efficacité tactique, mais nous payons l’absence de réelle stratégie, en ce sens que nous n’avons aucune vision, aucun projet politique à proposer autre qu’une guerre sans fin.

 

– 1er objectif : Sécuriser, identifier, neutraliser les individus dangereux sur notre territoire (et hors territoire). C’est l’essence des missions de nos services depuis de nombreuses décennies. Le terrorisme va durer… constat établit dès les années 80 !

« neutraliser » les individus dangereux et identifiés (suivis ?) par nos services de renseignement : soit les contraindre au départ (en particulier quand ils ne sont pas ressortissants français (prédicateurs, imans, etc.) quel que soit leur statut), soit les interner (ce qui est différent de les emprisonner), ce que permettent les différents régimes juridiques déclenchés par le pouvoir (état d’urgence, voir état de siège) même au prix de quelques restrictions de libertés individuelles (il faut être cohérent) ;

 

Pour ce faire, une politique claire de renseignements et de neutralisation qui n’a pas besoin de nouvelles lois mais de s’inscrire dans la durée. Le temps et le champ du renseignement ne sont ni celui du politique ni, encore moins, celui des médias. Pour obtenir des résultats, il faut investir, pas seulement en moyens (équipements, humains qu’il faut recruter, former) mais surtout en sources, contacts, relations entre partenaires (services étrangers) ce qui prend du temps (des années !) et une constance que rien n’ébranle. Le temps long…

 

– 2nd objectif : prendre la mesure des défis extérieurs auxquels nous sommes exposés.

Pour la première fois, nous sommes engagés militairement simultanément sur plusieurs théâtres d’opérations envers la même mouvance, complexe et protéiforme.

Quant à la gestion des capacités militaires, l’heure de vérité approche : toute velléité de « surge » sécuritaire va rapidement percuter le mur des réalités. Les capacités sont limitées, leur efficacité anti-terroriste réduite. Une intensification des raids sur Daech est (symboliquement) envisageable sous réserve d’un bon travail de renseignement (identification de cibles crédibles) et d’une augmentation des moyens aériens (deux avions avec quatre bombes chacun ont-ils du sens ?).

Comprendre le phénomène et donner du sens. Alors, vouloir peser sur la suite des événements.

Remettre à plat notre politique de sécurité / défense / diplomatie et anticiper !

Avoir une vision et un projet politique pour faire émerger une situation différente de celle que nous cherchons à maintenir (accords Sykes-Picot) qui pousse justement nos adversaires à recomposer la zone.

Ce qui implique aussi de revoir nos alliances et la vision future de ces dernières…

 

 

 

 

Intifada ou Printemps Palestinien ?


Le traitement politique et médiatique du côté israélien comme palestinien évoque une « spirale de la violence  » et un « nouveau cycle de violence » …. Aucune analyse profonde. Juste une mise en temporalité de l’événement. Or, il ne s’agit pas de violence gratuite.

Révolte = absence de perspective d’avenir

Les jeunes palestiniens veulent se faire entendre… D’autant plus que l’autorité palestinienne est discréditée Les premiers auteurs des attaques (de 13 à 20 ans) n’ont pas connu les deux premières intifada (1987 et 2000) et ils ne veulent plus de compromis avec Israël. Deux décennies de négociations trompeuses de part et d’autre L’autorité palestinienne qui tente de justifier son existence pour exister par ces négociations Les responsables politiques israéliens qui cristallisent leur devenir politique (et eux aussi leur existence) sur l’affrontement permanent. Les deux responsables politiques (Netanyahou et Abbas) ne maîtrisent plus la situation.

Les israéliens et particulièrement Netanyahou ont été pris de court. Là aussi manque total de vision comme de réelle volonté politique de cesser la colonisation De plus la réponse sécuritaire du gouvernement israélien de tenter d’isoler les foyers et d’étouffement de résoudra rien sur le fond.

Est-ce une nouvelle intifada ?
Pas encore car ce mouvement est un mouvement de révolte spontanée dans lequel tant le Fatah que le Hamas sont dépassés Le saccage du tombeau de joseph n’est pas anodin puisqu’il avait déjà eut lieu il y a 15 ans exactement en octobre 2000 lors de la seconde intifada

Cette révolte est radicalement différente des deux précédentes De la aussi l’importance de vouloir la nommer « révolution ». Y compris pour faire de ce moment l’équivalent des révolutions arabes dites du printemps arabes…  Ce n’est pas rien et il faut l’intégrer sur le long terme !!  Si israel ne veut pas le comprendre cela sera plus violent encore… Les tensions montent aux extrêmes dans le long terme

Sans perspective de solution politique, les tensions actuelles vont exploser en une déflagration majeure pour les deux camps. Intifada ou pas il faut une solution politique.  Immédiatement une initiative du président israélien qui est respecté de part et d’autre et en parallèle la recherche d’un accord politique entre israélien et palestinien sur la question de Jérusalem avec médiation du Vatican