RETOUR AU REEL


1/ « L’effroi », « la peur », deux mots employés par le Président de la République lors de son allocution de vendredi 13 novembre minuit… L’émotion, quelque fut-elle n’est pas bonne conseillère. De là, l’effroi de nombreux responsables qui prônent la remise en cause de nos fondamentaux tout en proclamant que nos valeurs seront plus fortes… L’incompétence, le déni, l’irresponsabilité, se disputant à la bêtise !

2/ Des actions terroristes planifiées, coordonnées, séquencées et produisant une attaque simultanée. Aucun doute. Mais aucune surprise stratégique. Les groupes sont structurés avec des personnes motivées, ce qui semble « surprendre » nos responsables politiques… Le déni continu de perdurer, certains de ces mêmes responsables politiques parlant de « fous » et de « drogués », de personnes pouvant être « réinsérés », puisque nous sommes d’avance coupables… Il est vrai qu’ils ne sont pas aidés par certains experts autoproclamés et quelques personnes médiatiques…
Nous ne faisons pas la guerre à des terroristes mais à un (des) groupe(s) pratiquant notamment le terrorisme. Nous sommes dans le prolongement d’une dynamique. La fréquence s’accélère. Les mesures prises depuis lundi auraient pu être prise en janvier. Découvrir ce qui était connu semble surprenant / aberrant.

3/ Nommer l’ennemi. Se tromper d’ennemi ou refuser de le nommer revient à s’y soumettre. L’Ennemi ce n’est pas Daech ni l’Etat Islamique. Notre ennemi n’est pas tant le terrorisme que sa cause profonde. Notre ennemi c’est l’idée dont il est le fruit. Notre ennemi, c’est l’idéologie en cause. Notre ennemi, en ce cas, c’est le salafisme (wahhâbisme salafiste). Mais pas d’illusion non plus, c’est bien d’abord l’Islam qui est en cause dans ce lien étroit qu’il entretient avec le djihadisme. Si, les Balkans, une des zones historiques de confrontation, permettent de le dire ; cette incarnation trouve son siège dans la péninsule arabique. C’est là que, se trouvent les émetteurs des ondes salafistes radicales qu’il faudra bien, un jour ou l’autre, et le plus tôt sera le mieux neutraliser : des émetteurs d’idées bien sûr mais aussi des sources de financements et des « stratèges ».
Au-delà se poser les bonnes questions : quel est notre adversaire/ennemi ? Quelle est sa structure ? Nos actions sont-elles adaptées ?

4/ Mais, nous serions incomplets si nous ne nommions pas aussi les motivations politiques et sociales à l’œuvre, tant dans nombre de ces pays qu’au sein du notre dans l’édification de plusieurs (et, oui, plusieurs !) modèles de radicalisation. Nous sommes attaqués par des ressortissants d’abord français et européens. Le comprendre est utile. L’intégrer comme globalité cohérente est primordiale.
L’un des problèmes majeurs étant l’attraction de ce(s) modèle(s) sur une fraction de notre population en tant qu’étiquette identitaire. Car le parcours des terroristes est édifiant : copains déscolarisés, petits voyous de quartiers, délinquants ratés emprisonnés, criminels idéologiquement repentis au travers d’un « reborn muslim » par le biais de vieilles célébrités du terrorisme djihadiste, voyageurs de différents pays « formateurs » ; autant d’étapes d’un parcours initiatique leur procurant une pensée, une cause, un sens, une action, une identité et un destin : le « Meurs et deviens » de Goethe. Le terrorisme comme réponse offerte. Et, plus inquiétant, une réponse rationnelle car s’appuyant sur une vision, sur un modèle de société partagé ! Ajoutons à cela une revanche générationnelle…
De ce fait, le problème est d’abord politique avant d’être sécuritaire, même si inversement, l’urgence dans le temps est la réponse sécuritaire.

5/ L’espace Shenghen n’est pas en cause. Ce qui est en cause c’est l’abolition des frontières internes au profit de frontières extérieures sans avoir voulu mesurer leurs localisations et les conséquences de celles-ci ; sans interconnecter et unifier les fichiers des services. Croire qu’il est possible de le remettre en cause avec les conséquences sur la mobilité des gens et des affaires ne résistera pas aux faits…

6/ Le tout sécuritaire est illusoire… de même qu’il l’était déjà en janvier… Nos politiques devraient l’intégrer et reconnaître que les attentats de Paris du 13 novembre sont aussi la conséquence / marque d’une faille de notre structure / communauté du renseignement. Ne pas le reconnaitre (Pr, PM, Minint), ne pas vouloir le dire (PS, UDI et LR notamment), ne pas vouloir en tirer des conclusions évidentes (Mindef), nier la réalité (PM et Mindef sur le Mali, sur Al-Qaeda, …) est non seulement irresponsable mais sera lourd de conséquences stratégiques pour nos concitoyens.

7/ Vouloir à la faveur des craintes de l’opinion vouloir créer une législation d’exception est la démonstration même de notre incapacité à gérer l’événement. Pour rappel ce que nous écrivions déjà en janvier 2015 : ces émotions nous conduisent à des prises de décisions exclusivement en réaction. Jamais dans l’initiative. Le fait le plus parlant est l’historicité des lois antiterroristes françaises : elles ont toutes été prises après des événements, jamais avant. La dernière en date (octobre 2014) n’étant pas encore complétement mise en œuvre, alors même qu’ils confondent à la fois le champ de l’action (sécuritaire/militaire) et le temps de l’action (avant/après). Encore une fois, nouvel attentat = nouvelle(s) mesure(s) juridiques !
Sur ce thème, il est malheureusement déplorable de constater que notre exécutif décide de mettre en place des mesures qu’il refusait en janvier, critiquant à l’époque leur simple évocation (état d’urgence, lois d’exception, déchéance de nationalité, …). L’opposition n’est pas en reste dans son incohérence… et sa fuite en avant.

8/ A ce titre, il conviendrait de mesurer que c’est bien maintenant que ce joue notre réponse aux événements.

9/ Notre priorité est de mettre davantage de moyens sur le renseignement intérieur comme extérieur. Mais des moyens seuls ne suffiront pas. Notre toute première priorité doit être ; d’urgence ; de revoir l’organisation de notre communauté de renseignements, ses méthodologies d’acquisition et d’analyse, ses stratégies
En matière de renseignements, il n’y a pas de résultats immédiats aux décisions prises ou à prendre. Le temps et le champ du renseignement ne sont ni celui du politique ni, encore moins, celui des médias. Pour obtenir des résultats, il faut investir, pas seulement en moyens (équipements, humains qu’il faut recruter, former) mais surtout en sources, contacts, relations entre partenaires (services étrangers) ce qui prend du temps (des années !) et une constance que rien n’ébranle. Le temps long…
D’autre part, il faut se rappeler quelques règles en matière de coopération de renseignement : on n’échange qu’à crédibilité/confiance égale, presque uniquement en bilatéral selon le vieil adage : « plus il a de monde autour de la table, moins il y a de renseignements sur la table ». Et ce, alors même que nous n’avons pas une vision commune européenne de ce que doivent être les missions des services de renseignements de sécurité.

10/ Il va falloir se poser la question de nos relations avec les pays de cette zone du Moyen Orient : Arabie Saoudite, Qatar, Turquie, la liste n’est pas exhaustive… Cela ne va pas plaire aux affairistes en tout genre.
Il nous faut reprendre l’initiative et renouer avec une véritable politique extérieure. Depuis 1976 (refus de la France de maintenir la protection des minorités d’Orient), nous avons abondamment trahis nos engagements, multipliés les erreurs et les incohérences (cf Shah, cf Khomeiny, Cf Saoudiens, cf OLP, Cf Turquie, Cf Algérie, Cf Serbie, Cf les dictateurs arabes de Moubarak à Ben Ali en passant par Saddam Hussein ou Kadhafi sans omettre Hafez puis Bachar El Assad, cf Poutine).
Le Quai d’Orsay ne cesse de définir une politique diplomatique incohérente et la justifie sur la « morale » (laquelle ? la nôtre ? donc automatiquement la meilleure car par définition à portée universelle).
Retrouver alors la confiance (dans le temps long) de nos interlocuteurs vis-à-vis de nos intérêts, de nos ambitions, de nos initiatives.

11/ Intégrer la réalité de nos possibles. Le Proche et Moyen-Orient est entré dans une phase de recomposition : fragmentation de l’espace du Proche et Moyen-Orient avec désagrégation des Etats et des sociétés. Le vide politique est important dans une situation post-autoritaire/idéologique fragilisant de nombreux Etats : les connus (Irak, Syrie, Egypte) mais aussi d’autres (Turquie, Arabie Saoudite, Iran, Jordanie). Il nous faut accepter que l’Irak et la Syrie (au minimum), voir plus large (Turquie, Arabie Saoudite, Jordanie, …) comme ils existaient ne seront plus…
Sur le vide politique, EI construit sa force. EI a un discours révolutionnaire (contre l’oppression chiite et les corrompus s’appuyant sur l’ingérence étrangère) et contre-révolutionnaire (avec un projet de développement social), lui permettant d’agréger différents aspects et différentes dynamiques. Le PMO comme les peuples qui le composent ont leurs propres histoires, dynamiques, intérêts, certitudes, envies, espoirs… qui ne sont pas nécessairement les nôtres (ce n’est rien de le dire !). De l’autre côté, l’occident est décrédibilisé depuis longtemps, y compris dans sa croyance/arrogance en sa supériorité naturelle. L’influence occidentale est mal perçue avec raison (avec constance, depuis des décennies, nous nous efforçons de le démontrer !).

Notre marge de manœuvre politique comme stratégique pour participer à cette recomposition est donc très limitée. A mon sens, il est probable que EI s’effondre sur lui-même, sans aucune relation avec nos propres frappes. Mais même cet effondrement ne procurera aucune solution, puisque la seule solution est politique. Nos options stratégiques sont donc extrêmement réduites. Nous assistons à la fin d’une période de transition amorcée en 1989/1991 ; période qui voulait créer un nouvel ordre mondial. Fin d’une période de transition mais aussi fin d’un âge historique.

NE RIEN CEDER


Nous relevons nos blessés,

Nous honorons nos morts

Et nous sommes déterminés, fiers et forts.

Fiers et forts de notre Histoire, de nos valeurs, de notre tolérance et de notre liberté.

Déterminés à nous défendre.

Déterminés à faire face.

Déterminés aussi à combattre, défaire et détruire tous ceux qui nous attaquent.

Déterminés de chercher, lutter, trouver, annihiler nos ennemis.

Et ne rien céder.

 

Je suis en COLERE (bis)


Réveillons-nous !

La France est en situation d’urgence. Urgence sociale, économique et désormais sécuritaire. C’est un échec tragique de notre politique extérieure comme de notre politique sécuritaire…. On se focalise sur une cagoule et un couteau et on fait de la communication politique.

Nous sommes encore une fois (les deux discours du Président) dans l’émotion, dans l’emphase. Et nous faisons (premières décisions prises suite au Conseil de défense) de la surenchère sécuritaire : sentinelle (en janvier), fermetures des frontières, état d’urgence, lois sur le renseignement, …). Le temps ne doit pas être celui de l’émotion, de l’effroi, de la peur… ni de la colère.

Que se passera-t-il demain ? Il nous faut prendre du recul et ne pas (encore une fois) céder à l’émotion. Quelle stratégie ? Quels moyens ? Quels budgets ? Nous sommes encore une fois surpris ! Nous déployons les militaires sur le territoire, nous déployons des moyens aériens (limités) puis de manière temporaire le groupe aéronaval, nous créons une nouvelle loi sur le renseignement (comme à chaque fois)…. Mais cela ne définit pas une stratégie !

Stratégie = définition d’un objectif à atteindre, des moyens alloués et de la trajectoire pour l’atteindre.

 

Pour rappel, ce que je disais en janvier 2015 suite aux attentats contre Charlie

Ce qui devrait nous conduire à réfléchir prospectivement à ce que nous devons redouter dans les temps immédiats à venir : des raids plus ou moins planifiés et coordonnés de petits commandos terminant dans l’apothéose kamikaze. Sans folie d’aucune sorte de leur part, tuer pour participer à la tuerie…

Au-delà, la crainte véritable doit résider dans l’hypothèse d’une attaque de tueurs déterminés et coordonnés, s’inscrivant volontairement dans la durée de l’action afin de saturer les forces sécuritaires concernées, semant le doute, l’effroi et discréditant l’action publique. Mais, là encore, rien de neuf : le scénario de multiples attaques séquencées et/ou simultanées est redouté depuis Bombay. Vers un djihad de masse sur notre territoire…

 

Et ce que je disais suite à l’attaque du Thalys :

Le plus dur est devant nous. L’Etat Islamique (E.I) a décentralisé à l’extrême les cellules qui peuvent être désormais individuelles

D’autres actions comparables sont à redouter. Avec l’attaque du Thalys, nous avons eu de la chance. Statistiquement, en raison du nombre croissant de volontaires prêts à s’en prendre à des cibles sur notre territoire, il est malheureusement fatal qu’un jour, un ou plusieurs djihadistes, réussissent leurs missions.

 

Dresser le constat

 

Les attentats sont des actes de guerre. Aucun doute. Mais, le terrorisme n’est ni la guerre, ni un ennemi. C’est un moyen. C’est enfin et surtout un acte politique ; un modèle politique qui nous agresse afin de nous imposer son propre modèle.

Ni l’effroi ni la peur ne doivent guider nos actions. Restons fidèles à nos convictions, nos idées, nos idéaux, nos valeurs. D’autant plus fidèle à nos convictions et nos valeurs qu’elles ne sont pas universelles. Ni peur, ni renonciation.

Nommer l’ennemi c’est aussi commencer à la faire. Nommer notre ennemi c’est le dévoiler et porter la parole politique publique afin de désigner et non stigmatiser. Notre ennemi n’est pas tant le terrorisme que sa cause profonde. Notre ennemi c’est l’idée dont il est le fruit. Notre ennemi, c’est l’idéologie en cause. Notre ennemi, en ce cas, c’est le salafisme (wahhâbisme salafiste). La matrice idéologique est née en Arabie Saoudite.

Ne réduisons pas la problématique mais regardons la réalité en face.

Aujourd’hui, cet islam présente une incarnation majeure, le wahhâbisme salafiste mais pas d’illusion non plus, c’est bien d’abord l’Islam qui est en cause dans ce lien étroit qu’il entretient avec le djihadisme. Si, les Balkans, une des zones historiques de confrontation, permettent de le dire ; cette incarnation trouve son siège dans la péninsule arabique. C’est là que, se trouvent les émetteurs des ondes salafistes qu’il faudra bien, un jour ou l’autre, et le plus tôt sera le mieux neutraliser : des émetteurs d’idées bien sûr mais aussi des sources de financements et des « stratèges ».

 

Cela signifie qu’il va falloir se poser la question de nos relations avec les pays de cette zone du Moyen Orient : Arabie Saoudite, Qatar, Turquie, la liste n’est pas exhaustive… il faut un minimum de cohérence.

 

Prendre les dispositions

 

L’absence de résultats doit nous conduire à réévaluer notre posture et nous amener à définir précisément nos objectifs stratégiques au-delà de péroraisons verbales…Certes, nous avons pour nous l’efficacité tactique, mais nous payons l’absence de réelle stratégie, en ce sens que nous n’avons aucune vision, aucun projet politique à proposer autre qu’une guerre sans fin.

 

– 1er objectif : Sécuriser, identifier, neutraliser les individus dangereux sur notre territoire (et hors territoire). C’est l’essence des missions de nos services depuis de nombreuses décennies. Le terrorisme va durer… constat établit dès les années 80 !

« neutraliser » les individus dangereux et identifiés (suivis ?) par nos services de renseignement : soit les contraindre au départ (en particulier quand ils ne sont pas ressortissants français (prédicateurs, imans, etc.) quel que soit leur statut), soit les interner (ce qui est différent de les emprisonner), ce que permettent les différents régimes juridiques déclenchés par le pouvoir (état d’urgence, voir état de siège) même au prix de quelques restrictions de libertés individuelles (il faut être cohérent) ;

 

Pour ce faire, une politique claire de renseignements et de neutralisation qui n’a pas besoin de nouvelles lois mais de s’inscrire dans la durée. Le temps et le champ du renseignement ne sont ni celui du politique ni, encore moins, celui des médias. Pour obtenir des résultats, il faut investir, pas seulement en moyens (équipements, humains qu’il faut recruter, former) mais surtout en sources, contacts, relations entre partenaires (services étrangers) ce qui prend du temps (des années !) et une constance que rien n’ébranle. Le temps long…

 

– 2nd objectif : prendre la mesure des défis extérieurs auxquels nous sommes exposés.

Pour la première fois, nous sommes engagés militairement simultanément sur plusieurs théâtres d’opérations envers la même mouvance, complexe et protéiforme.

Quant à la gestion des capacités militaires, l’heure de vérité approche : toute velléité de « surge » sécuritaire va rapidement percuter le mur des réalités. Les capacités sont limitées, leur efficacité anti-terroriste réduite. Une intensification des raids sur Daech est (symboliquement) envisageable sous réserve d’un bon travail de renseignement (identification de cibles crédibles) et d’une augmentation des moyens aériens (deux avions avec quatre bombes chacun ont-ils du sens ?).

Comprendre le phénomène et donner du sens. Alors, vouloir peser sur la suite des événements.

Remettre à plat notre politique de sécurité / défense / diplomatie et anticiper !

Avoir une vision et un projet politique pour faire émerger une situation différente de celle que nous cherchons à maintenir (accords Sykes-Picot) qui pousse justement nos adversaires à recomposer la zone.

Ce qui implique aussi de revoir nos alliances et la vision future de ces dernières…

 

 

 

 

Intifada ou Printemps Palestinien ?


Le traitement politique et médiatique du côté israélien comme palestinien évoque une « spirale de la violence  » et un « nouveau cycle de violence » …. Aucune analyse profonde. Juste une mise en temporalité de l’événement. Or, il ne s’agit pas de violence gratuite.

Révolte = absence de perspective d’avenir

Les jeunes palestiniens veulent se faire entendre… D’autant plus que l’autorité palestinienne est discréditée Les premiers auteurs des attaques (de 13 à 20 ans) n’ont pas connu les deux premières intifada (1987 et 2000) et ils ne veulent plus de compromis avec Israël. Deux décennies de négociations trompeuses de part et d’autre L’autorité palestinienne qui tente de justifier son existence pour exister par ces négociations Les responsables politiques israéliens qui cristallisent leur devenir politique (et eux aussi leur existence) sur l’affrontement permanent. Les deux responsables politiques (Netanyahou et Abbas) ne maîtrisent plus la situation.

Les israéliens et particulièrement Netanyahou ont été pris de court. Là aussi manque total de vision comme de réelle volonté politique de cesser la colonisation De plus la réponse sécuritaire du gouvernement israélien de tenter d’isoler les foyers et d’étouffement de résoudra rien sur le fond.

Est-ce une nouvelle intifada ?
Pas encore car ce mouvement est un mouvement de révolte spontanée dans lequel tant le Fatah que le Hamas sont dépassés Le saccage du tombeau de joseph n’est pas anodin puisqu’il avait déjà eut lieu il y a 15 ans exactement en octobre 2000 lors de la seconde intifada

Cette révolte est radicalement différente des deux précédentes De la aussi l’importance de vouloir la nommer « révolution ». Y compris pour faire de ce moment l’équivalent des révolutions arabes dites du printemps arabes…  Ce n’est pas rien et il faut l’intégrer sur le long terme !!  Si israel ne veut pas le comprendre cela sera plus violent encore… Les tensions montent aux extrêmes dans le long terme

Sans perspective de solution politique, les tensions actuelles vont exploser en une déflagration majeure pour les deux camps. Intifada ou pas il faut une solution politique.  Immédiatement une initiative du président israélien qui est respecté de part et d’autre et en parallèle la recherche d’un accord politique entre israélien et palestinien sur la question de Jérusalem avec médiation du Vatican

Syrie et PMO


L’élargissement des vols de reconnaissance de la France dans ce qui semble désormais faire office de stratégie française, constitue d’abord et avant tout une réponse à l’opinion publique française. Il en est de même des premières frappes des forces aériennes françaises en Syrie, visant avant tout à affirmer une posture présidentielle française face à Vladimir Poutine et Barak Obama à New-York de crainte d’être désormais isolé… Sorte de volonté présidentielle de se hisser sur un strapontin à la table de négociations après quatre années d’errements moralisateurs par le biais de postures et terminologies martiale….
Des négociations ont lieu depuis plusieurs mois puis se sont intensifiés ces dernières semaines entre Américains, Iraniens et Russes sur la suite à donner. Les Russes veulent éviter l’effondrement de l’Etat Syrien et trouver une sortie « honorable » à Bachar. De là, depuis mai 2015 des entretiens bilatéraux entre Russes et Américains, puis élargies aux Iraniens (en bi puis trilatérale).
La personne de Bachar El-Assad est le point de fixation. Les atermoiements sur Bachar sont contre-productifs. La question n’est pas l’avenir de Bachar Al-Assad. Pactisez ou pas n’est pas la question. Personne ne conteste la réalité de Bachar Al-Assad et de son régime. Nous sommes dans un système complexe. La question est de trouver une solution politique. Introduire une dimension personnelle sur Bachar dans notre politique extérieure est (était) une erreur grave, aux conséquences funestes. Pour rappel à certains de nos politiques qui nous expliquent la « faute morale » à vouloir discuter avec Bachar, les propos de Churchill au début de la Seconde Guerre Mondiale, évoquant une alliance avec le diable si Hitler envahissait l’enfer…
En parallèle de ces premières initiatives diplomatiques, Vladimir Poutine a graduellement déployé des forces en Russie, mettant les autres puissances devant le fait accompli et ne reconnaissant son implication qu’à ce stade… Politique du fait accompli qui est la marque de Poutine depuis 2008, et qui après le Caucase du Sud, puis la Crimée, s’imbrique au sein du Proche et Moyen-Orient montrant ainsi la volonté russe de s’impliquer à nouveau dans les questions de cette zone. Certes, d’abord par le constat de la réalité du terrain, renforcé par le fait que les iraniens ont indiqué à la Russie ne plus être en mesure à reprendre le contrôle de certaines positions comme à protéger Bachar (entretien entre des responsables russes et iraniens de la Brigade Al-Qods). Mais, de manière plus profonde, rien de moins qu’un changement majeur dans les relations internationales, équivalent (effet boomerang ?) de son éviction de la scène internationale en 1991… Juste retour du balancier pour les russes… Mais, de fait, une période de transition s’achève, un nouveau monde est en train de naître….
A ce stade, et en Syrie, la Russie ne cherche pas à s’opposer frontalement aux puissances occidentales, mais cherche plus intelligemment à devenir le « leader » de la coalition anti-E.I et le garant d’une solution. Une coalition concentrée sur cet adversaire et non pas Bachar Al-Assad dans laquelle il veut amener les américains à définir avec lui les opérations à venir. C’est l’arrière-plan de sa position et de son discours.
Et cette habile manœuvre diplomatique n’a pas attirée que la Syrie et l’Iran. L’Arabie Saoudite depuis plusieurs mois a des entretiens réguliers avec la Russie tout comme l’Egypte ou encore la Jordanie. Le Premier Ministre Israélien a eu des entretiens avec Vladimir Poutine (dans une volonté de montrer son agacement vis-à-vis de la politique américaine mais aussi une nécessité de « coordonner » techniquement les opérations entre les deux pays puisqu’était présent outre le Premier Ministre, le chef des renseignements militaires ainsi que le Chef d’Etat-major de le Tsahal), suivi peu après par la Turquie. L’Allemagne a eu des entretiens discrets avec les russes sur le sujet, tout comme Kerry… Petit à petit donc, les européens et les américains s’alignent sur la position russe : simple principe de réalité ?
Un principe de réalité que nous n’aurions jamais dû omettre. La stratégie française en Syrie est en échec depuis quatre ans car en décalage profond avec les événements. Elle risque de l’être encore en partie au regard du décalage entre les déclarations stratégiques (nous voulons la destruction de l’E.I) et des moyens (frappes aériennes).
Et, il est tout autant « surprenant » d’entendre nombres de nos responsables politiques constater que nos frappes ont des effets limitées et/ou marginales ; qu’elles ne nous préservent pas du risque d’attentats terroristes contre nos intérêts (sur notre territoire ou à l’extérieur) ; qu’elles ne réduisent pas l’attrait au djihad de nombres de nos jeunes ; qu’elles ne nous procurent pas une place centrale mais une place marginale au sein des négociations diplomatiques ; etc… Serait-ce là une « surprise » pour eux ?
Au-delà, considérant les multiples déclarations de ces mêmes responsables politiques de droite comme de gauche demandant une intervention militaire contre l’E.I (avec des variantes burlesques) ; pour l’essentiel et à une notable exception, ce sont les mêmes politiques qui depuis 1981 n’ont eu de cesse, exécutif par exécutif, de mettre à mal l’armée française. Personne n’assume les conséquences de ces décisions passées et une contradiction majeure : les armées françaises n’ont plus les moyens des ambitions du pays, tandis que nombres de responsables souhaitent leurs assigner un engagement militaire hors de proportion… constat douloureux de personnels politique dégrisés.
Or, devant l’émotion des opinions publiques ; la confusion gagne conduisant nos responsables politiques effarés à vouloir fondre les problèmes en un seul : terrorisme, migrants, E.I ; et à décider de nouvelles phases d’opérations sans aucune perspective de solution pour l’après E.I. faute d’appréhender la complexité de la situation. Mais la virilité de la posture politique l’impose !
Sur le terrain, tout est fragmenté. Les acteurs sont multiples (plus de 2 000 katibas sur le terrain), les alliances diverses, variées et fluctuantes… tous les acteurs y compris régionaux ont des intérêts contradictoires, impliquant des ambiguïtés et des double-jeux politiques. Dans le viseur la Turquie, mais aussi les monarchies du Golfe….
E.I a une stratégie. Vladimir Poutine a une stratégie. La France n’a pas de stratégie. Le Président Français nous indique vouloir lancer une offensive sur Daech (qu’il conviendrait de nommer E.I) afin de « réduire la menace terroriste » (avec l’invocation de l’article 51 de la Charte des Nations unies), est-ce à dire que les frappes aériennes de la coalition depuis un an n’ont produit aucun effet ? Donc, est-ce à dire que notre stratégie initiale était fausse ou incomplète ? Est-ce à dire que nous allons frapper aussi au Yémen contre AQPA (responsable d’attentat contre la France) ? Est-ce à dire que nous aurions dû faire cela auparavant, y compris en 1995 ? Est-ce à dire, enfin et surtout, que nous pensons réellement que ces frappes aériennes vont dissuader et/ou empêcher tout nouvel attentat ?
Les frappes aériennes comme une potentielle offensive terrestre ne constituent pas une réponse globale. Une guerre, comme une offensive (terrestre ou autre) n’est pas une finalité politique. Juste un moyen. En ce sens, le choix de frappes aériennes définit l’objectif : non pas vaincre, juste contenir… ce qui est déjà quelque chose, mais en inadéquation avec les objectifs stratégiques. Un moyen devant permettre la mise en œuvre d’une solution / effet final recherché, soit dans le cadre préétabli, soit dans un nouveau cadre. On fait la guerre pour un devenir !
Voilà pourquoi, en Syrie et en Irak, rien ne se fera (et ne se fait) sans forces au sol… De là aussi, la nécessité impérieuse d’associer des puissances régionales : certes l’Iran que tout le monde cite, ou encore la Turquie, mais aussi l’Egypte.
E.I est une organisation née en Irak, qui s’est exportée en Syrie, puis répandue ailleurs du Maghreb à l’Asie. E.I est un projet politique révolutionnaire international, susceptible d’attirer à lui tout le monde. En ce sens, la problématique politique est autant chez eux (recomposition de la zone du PMO) que chez nous… de ce fait, il s’agit bien là, à l’œuvre, de transtensions mondiales remettant en cause « l’ordre mondial ». Un nouvel ordre va naître. Changement par le chaos et non pas les nouvelles croisades. E.I utilise un mythe et ces membres ne veulent pas être (plus être) les perdants de l’Histoire.
Ce qui se déroule actuellement en Syrie et en Irak, ne concerne pas uniquement ces deux pays, mais bien au-delà : le Proche et Moyen-Orient est en recomposition ; l’ensemble du monde arabo-musulman (appellation très impropre je le concède) est concerné ; l’Etat Islamique mais aussi des groupes comme Al-Nosra, sont dans un projet politique global avec de nombreuses ramifications. Refus de la modernité diront certains. Refus de notre modèle social, politique mais aussi économique (qualifié par eux de « barbare ») surtout bien avant des questions de religions. Question de souveraineté au sens de légitimité, tant individuelle que collective. Sorte de refus du « nous » que nos sociétés proposent au profit d’un « je » individuel devenant très vite un « nous » collectif pour une autre forme de société.
En Irak, en Syrie, en Libye, en Egypte mais aussi dans les zones tribales Afghano-Pakistanaises (un mouvement pro E.I émerge) les Etats traditionnels ont implosé dans une dynamique de recomposition à la fois territoriales (frontalières), sociétales et politiques (dans une logique d’agonie des différents régimes). Demain, d’autres pays seront concernés, en premier lieu l’Arabie Saoudite.
Face à des groupes djihadistes (Yémen, Mali, Nigeria, Afghanistan, Pakistan, Somalie, Libye, …) aux motivations multiples mais regroupés au sein d’un projet politique global, il nous faut nous adapter. Si nous avons su (partiellement) dans le passé faire face à des petits groupes variés, dispersés et géographiquement localisés ; nous devons appréhender la mouvance djihadiste adaptative actuelle de manière différente et elle aussi adaptative.
Sur le plan géopolitique, il nous faut d’abord donner des garanties aux populations diverses de la zone ; revoir avec l’ensemble des partenaires régionaux les problématiques frontalières, et travailler dans le temps long par le biais d’une diplomatie ambitieuse : c’est-à-dire ayant pour tâche de (re)nouer des relations difficiles et ne pas les refuser de prime abord.
Voilà pourquoi sans perspective de solution politique immédiate pour l’après E.I, notre combat militaire ne peut être que d’arrière garde : tenir la position et non pas de grande offensive terrestre. Tenir la position : renseignements toujours, cycle raccourci d’exploitations, frappes ciblées, politique assumée de décimation de l’ennemi (y compris lorsqu’ils sont de nationalité française ce qui risque de faire « tanguer » politiquement certains) et de ses chefs. Tenir la position, mais en étant assuré sur sa « vision politique », solide sur ses positions géopolitiques et morales ; affermit sur ses moyens, clair sur les conséquences de ses choix et actes, puissant sur sa volonté politique…

A se placer sur le plan du quotidien, on est vite périmé…


Sans doute la photo du garçon rendu par les flots est dramatique, et son impact émotionnel bouscule les classes exécutives européennes et françaises…. Et l’émotion devient politique. Depuis des mois la question lancinante des migrants – leur nombre, leurs naufrages dramatiques, les causes de leur départ – étalait aux yeux du monde l’absence de vision politique claire sur les événements en cours. Mais il est brutalement devenu impossible de fuir la réalité, le corps sans vie de ce petit garçon mort après tant d’autres, l’a signifié sans détour.

Politique intérieure avec les tweets et les déclarations d’indignation (PM, NKM, AJ, …dans une surenchère médiatique malsaine) ; politique extérieure avec une stratégie de la compassion ! Comme le dit Pascal Bruckner, la compassion c’est ce qui reste à une Nation quand elle a renoncé à tout le reste !!!!
L’émotion n’est que le paravent à notre faiblesse, notre renoncement, notre lâcheté (dans l’ordre : France / UE / Occident).

Une question : L’Europe est-elle (oui ou non) responsable de la mort de ce garçon ? Plus que les centaines de morts en Méditerranée des années passées ? Si nous sommes responsables et que nous voulons éviter à nouveau ce drame, une solution : un pont aérien et maritime pour aller les chercher et les transporter….. La réponse démontre immédiatement la puérilité du raisonnement.

Les solutions fleurissent en fonction des micros : quotas (ils ne régleront rien, diviseront les européens et constitueront un appel d’air supplémentaire), hot-spots (PM –cela doit sans doute faire « moderne »), campements d’accueil (PR – où ? quels pays ? combien ? ), rétablissement des frontières intérieures (à quoi cela servira ?– cf Hongrie), tris des réfugiés (PR), renforcer Frontex et créer un corps de garde-frontières européens (AJ) ; … La parole publique française est devenue totalement erratique, incompréhensible…. C’est un naufrage complet ! A se placer sur le plan du quotidien, on est vite périmé…

Nos politiques se lamentent sur Bachar El Assad mais oublient Issayas Affeworki (Erythrée) ou Omar Bashir (Soudan – et qui fait pourtant l’objet d’un mandat de la CPI). On veut frapper Daech que l’on devrait nommer impérativement Etat Islamique pour bien nommer l’ennemi (donc le comprendre) mais on se refuse à frapper Al-Nosra….

Il est tentant de faire de la lutte contre Daech ou contre Bachar l’Alpha et l’Omega de toute politique au PMO, mais cela ne résoudra rien ! Avec Daech, nous avons un projet politique (totalitaire, international et moderne). Ce n’est pas une organisation terroriste. Daech est une authentique force politique pratiquant à l’occasion le terrorisme.

Le Proche et Moyen-Orient n’est pas en décomposition. Il est en recomposition (ce qui n’est pas la même chose). Entendre l’exécutif français avoir comme ligne de mire le rétablissement des pouvoirs et des territoires hérités des accords Sykes-Picot (1916) démontre une incompréhension totale des événements. Situation identique en Libye, et dans une moindre mesure au Mali.

Honnêtement, que l’on intervienne ou pas, je ne suis absolument pas certain que cela fasse une grande différence au plan stratégique, tant l’absence de vision est patente.

Faire des missions de reconnaissance et ensuite des frappes aériennes en Syrie pour ne pas subir d’attentat (en filigramme ce que dit le PR dans sa conférence) ? Mais depuis un an, Daech subit des frappes aériennes…. Envisager des frappes aériennes en Syrie contre EI ne changera rien. Comme la loi sur le renseignement ne sert à rien ! Nous sommes dans la gesticulation… non vis-à-vis de nos alliés, mais de notre opinion publique. Il s’agit de montrer que l’on agit, que l’on décide…faute de savoir quoi faire.

Parce que nous n’avons pas de stratégie, pas de vision politique claire, notre exécutif lance des actions improvisées ; habiles manœuvres de communication voulant nous montrer qu’il y a quelqu’un à la barre…. La France a cessé d’être gouvernée. L’Europe est tétanisée.

Une campagne aérienne seule (reconnaissances + frappes) ne pourra détruire Daech. Pour détruire Daech, il faudra la conjonction d’une campagne aérienne (qui rend la concentration des forces adversaires difficile) et une offensive terrestre (qui attaque puissamment les forces adversaires dispersées).
Oui, en théorie, la destruction de Daech par une campagne militaire est possible : elle demandera au minimum 40 000 à 60 000 hommes fortement équipés, des mois de préparation et de mise en place. Les spécialistes militaires parlent d’un coût quotidien de l’ordre de 20 à 40 millions d’euros. Sur le champ de bataille, nous aurons face à nous des troupes entrainées, techniquement et tactiquement habiles, et fortement motivées. Les actions de Daech seront certainement décentralisées, s’organisant en essaim avec une volonté de faire des pertes (nos gouvernements y sont sensibles de crainte des opinions).
Nous devrons donc nous emparer méthodiquement de chaque localité et point d’appui dans un temps long. Aucune armée arabe n’est en capacité de faire cela. Seule, l’armée Française non plus.
La France a aujourd’hui une posture d’arrogance, car nous n’avons plus, ni les moyens financiers, ni militaires de notre posture. En fait, sans les américains, personne ne peut intervenir !

Une fois Daech détruit militairement, il faudra contrôler, sécuriser puis stabiliser le terrain tout en étant en capacité de poursuivre les groupes éventuels (et il y en aura)…. Le temps s’allonge à plusieurs mois, vraisemblablement plusieurs années…. Et pour la phase de stabilisation, les problématiques se démultiplient : les forces auxiliaires (Kurdes, milices chiites, tribus sunnites, …) et les forces « gouvernementales » qui auront aidées à l’offensive terrestre, s’opposeront les unes aux autres et s’opposeront toutes à nos forces.

Il nous faut reprendre l’initiative et renouer avec une véritable politique extérieure. Depuis 1976 (refus de la France de maintenir la protection des minorités d’orient), nous avons abondamment trahis nos engagements, multipliés les erreurs et les incohérences (cf Shah, cf Khomeiny, Cf Saoudiens, cf OLP, Cf Turquie, Cf Algérie, Cf Serbie, Cf les dictateurs arabes de Moubarak à Ben Ali en passant par Saddam Hussein ou Kadhafi sans omettre Hafez puis Bachar El Assad, cf Poutine).
Le Quai d’Orsay ne cesse de définir une politique diplomatique incohérente et la justifie sur la « morale » (laquelle ? la nôtre ? donc automatiquement la meilleure car par définition à portée universelle).
Retrouver alors la confiance (dans le temps long) de nos interlocuteurs vis-à-vis de nos intérêts, de nos ambitions, de nos initiatives.