Victoire pour qui ?


Mon analyse « à chaud » de la situation issue du sommet de l’euro sur la Grèce. Je sais que je ne suis pas dans le ton…

La crise grecque est devenue une crise de l’Union européenne.

1/ pour que la zone européenne continue d’exister (démonstration même de l’accord du 13 juin), il faut des transferts massifs de capitaux ! Or aucun pays ne peut les supporter, y compris l’Allemagne (de l’ordre de 250 milliards d’euros par sur dix ans –en prenant comme base les « aides » à quatre pays du sud Italie, Espagne, Portugal et Grèce – soit de l’ordre de 8% de son PIB…

2/ le seul moyen de ralentir / diminuer ces transferts massifs a donc consisté en une politique d’austérité, entraînant une divergence de plus en plus forte entre économie des pays membres. C’est la fin de l’unité européenne…

3/ Crise du politique. Cette crise, ses atermoiements, (FH ne déclarait-il pas en 2012 que la crise grecque était désormais derrière nous ?) c’est aussi la crise du personnel politique (pas seulement des technocrates de Bruxelles). La perte de confiance des opinions (des peuples) envers les responsables politiques va s’accentuer. Et la faute n’en incombe pas à Alexis Tzipras…

4/ Victoire pour François Hollande ? Il est déjà en campagne pour sa réélection, oublieux de toutes ces promesses de campagne présidentielle de 2012, notamment celles de réorienter l’Union européenne…
Surtout, il s’agit d’une capitulation en rase campagne de la France face aux pays du Nord de l’Union européenne…. La France ne compte plus….

5/ les décisions prises ne régleront rien, ni pour la Grèce qui ne peut rembourser (et ce n’est pas un « reprofilage » de sa dette qui y changera quelque chose), ni pour la zone euro du fait de l’impossibilité des transferts massifs. Les décisions prises vont aggraver la situation. La dette grecque va donc, continuer de croître. Au moins, FH passera l’été tranquille.

6/ L’imposition de ces réformes, la mise sous tutelle de la Grèce, aboutit à une crise politique majeure « le gouvernement doit consulter les institutions [européennes] et convenir avec elles de tout projet législatif dans les domaines concernés dans un délai approprié avant de le soumettre à la consultation publique ou au Parlement ». Exit la démocratie…

C’est désormais l’implosion de l’Union européenne qui est possible. Et, le Premier Ministre français juge que notre Président a été à la hauteur de l’Histoire….

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Craquements stratégiques


En Afrique, 2015 sera une année d’élections législatives (Nigeria –février ; Soudan et Bénin en avril ; Ethiopie en mai ; Burundi en juillet, Tanzanie en octobre) et présidentielles (Zambie en janvier, Nigéria en février, Soudan en avril ; Burundi et RCA en juillet ; Côte d’Ivoire et Tanzanie en octobre ; Guinée Conakry et Burkina Faso en novembre).
En Libye, la situation se complique fortement, particulièrement en Tripolitaine où les forces djihadistes des Frères musulmans de Misrata et les fondamentalistes de Tripoli s’allient tandis que les Touaregs les rejoignent et les Berbères pourraient le faire. Si tel est le cas, la frontière Tunisienne et Algérienne bascule…. La prise de contrôle des hydrocarbures de tripolitaine par les islamistes pose d’autant plus problème que les islamistes ont tenté de prendre le contrôle des terminaux de Ras Lanouf, d’Al Sedra et de Brega (Cyrénaïque)… En Cyrénaïque, l’Egypte soutient les forces du général Khelifa Haftar contre les islamistes de Benghazi et de Derna (ayant fait allégeance à EI). Officiellement, la France n’interviendra pas en Libye (FH à RFI) mais des forces spéciales françaises ont d’ores et déjà été déployées.
L’Algérie est devenue incontournable dans la résolution de la situation en Libye mais aussi au Mali. La France le reconnait (Jean-Marie Guéhénno à Alger). Les affrontements du premier week-end de la nouvelle année et du lundi suivant à Nampala (frontière Mauritanienne) démontrent que rien n’est résolu. Le leader d’Ansar Dine, Iyad Ag Ghali est inféodé au DRS (services secrets algériens) qui craint par-dessus tout la création d’un Etat aux confins du Mali susceptible d’alimenter les revendications des propres minorités algériennes (Berbères, Kabyles, Touaregs) tandis qu’Alger abrite les négociations entre les différentes factions maliennes… Certains islamistes algériens se sont rendus au nord-Mali auprès de katibas pour négocier un ralliement à EIIL. Enfin, l’élection en Tunisie de Bej Cadi Essebssi (proche du clan Bouteflika) renforce encore le poids d’Alger. (et choix de Habib Essid, ancien ministre de l’intérieur tunisien au poste de PM).
Au Nigeria, Boko Haram a fait allégeance à EI tout en augmentant ses opérations et son assise, y compris au-delà des frontières du Nigeria (Cameroun, Niger, Tchad). Les élections de février 2015 devraient voir une intensification des opérations de ce groupe. Le Niger est désormais pris en étau entre Boko Haram et les islamistes du sud libyen.
En RCA, l’armée Française n’a pas réussi à stopper les massacres entre les rebelles de la Séléka (majoritairement musulmans) et les milices anti-balaka (essentiellement chrétiennes) ; massacres apparus avec le renversement du régime du Président Bozizé en mars 2013 par les Séléka. Après un an de présence (05/12/2013), les 1950 soldats français de la force Sangaris amorcent un repli. Ce retrait, annoncé fort discrètement, se fait alors que le pays est dans une situation chaotique absolue. Certes, l’ONU compte 8 600 casques bleus (+ arrivés prochaine de bataillons angolais), mais la séléka devrait profiter du retrait des forces françaises. L’Ouganda et le Congo (médiateur officiel) soutiennent Bozizé. Surtout, la France a sous-estimé la complexité de la situation (« une opération rapide qui n’a pas vocation à durer ») et n’a pas fourni l’accompagnement politique et diplomatique en appui de l’intervention militaire.
En Arabie Saoudite, JYLD a rencontré le roi d’Arabie Saoudite (très amaigri et qui a dû être ré-hospitalisé) ainsi que le Prince Héritier Aziz puis les principaux interlocuteurs défense saoudiens (Intérieur, Affaires Etrangères, Garde Nationale, Défense). Au menu, sujet diplomatique (crise syrienne, irakienne, lutte contre le terrorisme) mais aussi relation bilatérale de défense. Le sujet contrat d’armements saoudiens a été abordé, notamment les patrouilleurs. Accord aussi sur contrat Liban qui devrait être notifié (VAB, Gazelle, missiles anti-char HOT, Puma, Artillerie, patrouilleurs, moyens de renseignements et de communications). Mais, au-delà des négociations sur ces accords, se pose la question de la donne politique. Si les apparences désignent le prince héritier Salman Ben Abdelaziz (80 ans) comme successeur au Roi ; les tensions politiques actuellement à l’œuvre à Riyad confinent à la crise de régime. Souffrant de la maladie d’Alzheimer, le prince héritier ne pourra exercer le pouvoir… De là, la nomination du prince Mokran comme deuxième prince héritier. La problématique du Califat est toujours actuelle : la succession du roi Abdallah est porteuse de troubles pour les temps à venir.
En Iran, la situation se tend entre le gouvernement de Hassan Rohani (défini comme modéré) et les conservateurs au point que le Président iranien menace de consulter le peuple par référendum (prévu par la Constitution) afin de pallier à l’hostilité et l’opposition du parlement. L’objet des discordes concerne le développement économique, lui-même lié à la question nucléaire : « le pays ne peut se développer de manière constante dans l’isolement ». Un référendum sur cette question pourrait donc voir le jour. Mais la réalité des tensions politiques provient d’une mesure fiscale : le président Rohani veut revenir sur l’exonération d’impôts des dignitaires religieux et militaires… arme financière utile dans le bras de fer qui l’oppose aux conservateurs sur nombres de mesures.
En Chine, d’importantes sorties de capitaux ont lieu dépréciant le RMB mais démontrant aussi l’inquiétude sur la situation économique réelle du pays. De là, une perspective de faiblesse continu de l’investissement et donc de la croissance chinoise. Changement de modèle de croissance économique et de société en cours. En parallèle, l’épargne chinoise est en train de se transférer massivement en bourse avec des effets de levier, donc à crédit, renforçant la constitution d’une bulle spéculative. Au niveau géopolitique, la Chine adopte une stratégie englobante inverse à celle des Etats-Unis, allant de l’Asie vers l’Europe.
En Russie, la chute des cours de pétrole provoque non seulement une importante récession économique et un déficit budgétaire, mais plus encore si cette chute perdure au-delà du premier trimestre, une crise bancaire majeure…
En Grèce, l’élection du 25 janvier est importante. Théoriquement, le choix des Grecs semble évident : le vote pour Syriza. Le PIB a baissé de 25%, à l’identique du pourcentage de la population au chômage. Le niveau de dettes est au plus haut, malgré deux restructurations. Alexis Tsipras indique ne pas vouloir quitter la monnaie unique (posture visant à rassurer les électeurs ?) malgré son programme (renégociation de la dette à hauteur de 50%, hausse du SMIC et fin des politiques d’austérité). En cas de désaccord de la troïka, Athènes pourrait sortir de la monnaie unique (quid de l’Espagne, du Portugal, de l’Italie, et de l’Allemagne ?) et entrainer de violentes spéculations sur l’euro. De ce fait, l’UE pourrait être tentée d’accepter une nouvelle renégociation ainsi qu’un assouplissement des politiques budgétaires. Mais en ce cas, quid de l’Allemagne ? Retour du deutsche mark ? Nous ne pouvons pas exclure également que le gouvernement actuel l’emporte sur le fil ou qu’un accord sauvant la face de tous soit trouvé.
Aux Etats-Unis, les rapports d’analyse financière montrent que désormais la dette des entreprises américaines (hors secteur financier) croît plus rapidement que leur cash-flow. Fait nouveau, la dette américaine (18 000 milliards de $ pour la dette de l’Etat fédéral et 59 000 milliards de $ pour la dette globale, publique et privée) est désormais aussi détenue en interne par des fonds de pension. La chute du Yen et de l’Euro devrait dans un premier temps favoriser le dollar (premier semestre 2015) accentué par la peur… Il y aura une hausse du coût de la dette donc des défauts : forte probabilité de renégociation de dettes…
Au final, au-delà des éléments décrits ci-dessus, nous assistons à la fin du système monétaire actuel (la devise est ce qui libelle toute l’économie) : le yen est moribond, le dollar n’est plus qu’une monnaie d’apparence/apparat en tant que monnaie internationale, le RMB plonge, l’euro est en crise et au bord de l’éclatement depuis 2008 … La dé-dollarisation des échanges internationaux est en marche (Inde, Turquie, Iran, Russie, Chine, …).
Il faut un changement de système monétaire, passant d’une monnaie nationale de référence (le dollar) à une monnaie « globale ». Nous devons l’anticiper, y réfléchir et le proposer. La Chine s’y prépare, notamment par ses investissements publics et privés dans l’or physique.

Nous sommes très loin de la reprise économique.


Les prêts aux entreprises et aux ménages baissent dans tous les pays européens tandis que les revenus disponibles ne cessent de diminuer. Le taux de croissance de la zone euro s’établit à 1,1% en moyenne sur la période 2001-2011 contre 1,9% hors zone euro. Pour rappel, pour la France : 0%, Italie : -0,1%, Portugal : -0,7%, Pays-Bas : -1,4%, Allemagne : 0,8% alors même que 80% de la richesse mondiale provient des exportations, ce qui démontre malheureusement le peu de dynamisme du commerce mondial…
Au niveau des PIB la situation est tout aussi inquiétante : si le PIB allemand a augmenté de 3,3% depuis 2008, il est en baisse dans toute la zone euro, atteignant une baisse de 23,3% en Grèce. L’investissement est lui aussi en baisse
Dans différents pays de la zone euro, les prix baissent ; 2% en moyenne en Grèce sur la dernière année mais dorénavant aussi au Portugal depuis février 2014 et en Espagne depuis mars (- 0,2% sur un mois), augmentant mécaniquement aussi le poids de la dette…
Pour la France, notre inflation est tombée à 0,5% au regard du fameux « panier de la ménagère » (donc avec marge de la distribution) alors qu’ils sont en baisse de 1,3% dans l’industrie (retrouvant en cela les baisses de 2008/2009). Un processus déflationniste semble en train de s’engager dans une partie de la zone euro.
Aux Etats-Unis, les derniers chiffres sont à ce titre particulièrement significatifs (et renforcent notre dernière analyse) : – 2,9% de croissance révisée pour le premier trimestre 2014 avec correction négative pour avril et mai… Pour rappel, il était initialement défini par les autorités américaines a +0,1% et j’avais indiqué combien il était absurde de le prendre au sérieux… Durant la période récente (depuis 2008), le QE mis en place par la FED a conduit à la fois à une hausse du prix des actifs tandis que le taux d’épargne des ménages n’ eu de cesse de baisser depuis 2012…
Les inégalités ne cessent de croitre dans les différentes sociétés (aux Etats-Unis, depuis 2009, 95% de la croissance des revenus est allée au 1% le plus riche). Les revenus du capital étant plus élevé que la croissance, une nouvelle concentration des richesses et du capital se poursuit… Cette croissance des inégalités, si elle n’est pas combattue, impliquera des déflagrations de violence de par l’absence de débouchés de travail ainsi qu’une redéfinition des critères politique. Il convient donc d’élaborer un nouveau système fiscal (remise à plat du système de l’impôt sur le revenu et le capital).

En conséquence :
– Miser sur le retour de la croissance pour lutter contre le chômage paraît donc totalement en décalage avec la réalité économique. Ne pas omettre un fait démographique : en Allemagne le taux d’emploi augmente parce que la démographie diminue (la baisse du taux de chômage en Allemagne provient pour plus de 80% des départs en retraite).

– L’insuffisance de croissance économique ne fait que renforcer les risques géopolitiques (manque d’argent pour « acheter » les problèmes).

Cela n’a pas grande importance….


Un emploi du temps surchargé m’a tenu éloigné (trop longtemps) de ce blog…

Toutes les grandes voix de l’UMP (Raffarin, Juppé, MAM, JFC) ont fustigé tant la tribune Guaino-Wauquiez sur l’UE que le livre de Laurent Wauquiez (« Europe, tout doit changer »). Ces attaques sont intéressantes et instructives politiquement pour deux motifs.
D’abord dans les termes utilisés : « irresponsable », « stupide », « invraisemblable », « populiste ». Dès que l’on attaque la construction européenne (dans la forme comme dans le fond) ou que l’on pointe ses faiblesses ; bref dès que l’on exprime un désaccord, les noms d’oiseau pleuvent… l’attitude dogmatique d’interdire le débat et la réflexion démontrant avant tout la désertion politique : panne de projet européen, panne de projection politique, panne de dessein politique collectif… Tout le monde (à de trop rares exceptions) récite des « éléments de langage » sans véritable réflexion hors mode idéologique du politiquement correct.
Ensuite sur le fond, il existe une incapacité à faire la distinction entre les institutions/politiques européennes et la réalité européenne. Incapacité de penser et de comprendre que de critiquer le système européen et vouloir le modifier en profondeur c’est aussi d’abord être profondément européen et vouloir renforcer l’union européenne.
De ce fait, le clivage n’est plus entre pro et anti-européen (y compris au sein du FN et du FDG) mais entre gardiens du dogme/temple (pro-européen béat) et critiques trop souvent amalgamés aux destructeurs de l’union (ceux que nous nommons pudiquement eurosceptiques).
Toute la campagne a été de dire et/ou de dénoncer, jamais de faire !!! (À l’instar de la politique européenne). Nous devons construire une Europe forte et solidaire. Forte pour faire face aux risques du monde mais aussi forte pour saisir les opportunités qui en résultent. Solidaire pour les peuples qui composent cette Europe.
Le « marketing politique » s’est substitué à la pensée politique et donc à l’idéologie (comprise comme vision associée à une stratégie déterminant les relations sociales). Désormais, nous assistons à une inversion du sens : la pulsion domine l’attention et la raison. De ce fait, il y a une « consommation politique », à l’identique à celle du coca cola et à la formule célébre de l’ancien patron de TF1 : « mon travail c’est de vendre à coca cola du temps de cerveau disponible ». Et cette consommation politique ne peut que créer des « envies politiques »… pas des savoirs.
Proposer donc une voie, la seule possible : celle de l’efficacité face aux dogmatismes ! (des gardiens comme des destructeurs). Proposer un nouveau temps de l’union européenne, définir où est-ce que l’on veut aller, pourquoi, et avec quelle méthode… De là, faire 2 à 3 propositions concrètes et compréhensibles par le grand public ; c’est-à-dire proposer de faire le bilan, de construire l’avenir et de définir une méthode à employer pour y parvenir :
– Dresser un bilan complet des politiques communautaires (coûts vs avantages) ;
– Définir de grands projets (Europe de l’Energie, Europe du transport, Europe de la défense, Europe de la recherche, Europe de l’éducation, …) ;
– Mettre en place une Union à géométrie variable (associer sur la voie de l’intégration les pays qui le veulent et qui le peuvent).

Mais la France a pensé et voulu l’Europe à six puis à douze. Et, elle découvre en perte de vitesse et de vision une Europe élargie désormais à 28… Personne à l’étranger ne croit aux promesses de la France. Aucune décision annoncée depuis deux ans n’a été effectivement tenue… La France, désormais, se situe ni au Sud ni au Nord de l’Union européenne d’après les dernières déclarations de Bruxelles… Elle est ailleurs…

L’Histoire d’un géant…


Cela pourrait être l’histoire d’un industriel, d’un géant déchu dont les réalisations passées ne suffisent plus à lui assurer un avenir. Cela pourrait être aussi l’histoire d’un pays, l’histoire d’une nation en déclin, dont la grandeur passée ne suffit plus à lui assurer sa place dans le monde en devenir…
Ce sujet ne saurait être une surprise pour le gouvernement. Le sujet était parfaitement connu depuis plusieurs mois, notamment suite à la dernière publication des comptes d’Alstom, il y avait une baisse de CA de 22% et un cash-flow négatif (de l’ordre de 500 millions). Le gouvernement s’affole et gesticule démontrant avant tout la perte de capacité du politique.
La problématique n’est pas tant de savoir si GE ou Siemens doit être le repreneur, mais quel est le projet industriel ? Nous allons vers un démantèlement (élimination d’un concurrent pour Siemens, et pour GE une récupération de compétences par découpage / dépeçage) avec pour Bouygues du cash (logique) au regard de son portage actionnarial.
Les investisseurs sont dans une logique de fusion-acquisition leur permettant de créer de la valeur (boursière) via le biais de consolidation industrielle parfaitement anticipable : les entreprises gagnent de la valeur/argent sur de la croissance organique dans une économie en expansion, mais dans une économie en stagnation vous rachetez des parts de marché (ce qui explique que dans les dernières années nombres de sociétés se sont focalisés sur le développement de leurs trésoreries afin de pouvoir acheter des « proies » par absence de relais de croissance organique). Certains voient dans ces rachats un signe positif sur la situation économique européenne ou l’attractivité de la France… A mon sens, aucun signe positif y compris en termes macro-économiques mais réaffirmation d’une fin de cycle économique.
Nous allons entrer en fin de cycle économique. La multiplication des fusions-acquisitions n’est jamais bon signe (à terme) pour les marchés financiers (2000 ou 2007 pour les derniers épisodes). Par ailleurs, la plupart de ces fusions-acquisitions sont des échecs opérationnels (absence de réelle synergie et recherche de parts de marchés)… mais pas en termes de création de valeur financière (démantèlement ou dépeçage des entreprises).
Au niveau des entreprises, les fusions-acquisitions vont se poursuivre du simple fait que les liquidités sont abondantes, que leurs détenteurs sont à la recherche de moyens d’allocations faciles sans réflexion d’ensemble, et que les entreprises comme dit, dans une période de stagnation cherchent de la croissance externe par acquisition de parts de marchés…
Au niveau boursier : la capitalisation boursière des entreprises européennes, asiatiques et plus encore américaines, sont surévaluées de l’ordre de 20 à 40%. Nous sommes dans une bulle de liquidités. Et les bulles ne se dégonflent pas. Elles explosent… et lorsqu’elles explosent la crise des capitaux est là. Rassurons-nous, les médias parleront d’une simple « correction » boursière, largement attendue…. Rappelons un fait qui me semble important mais souvent mésestimé : les marchés financiers sont des lieux où l’on échange, non des biens, mais des anticipations… rien d’autre. (En ce sens les derniers propos de Yellen sont foncièrement inquiétants).
Au niveau financier, la non régulation va entraîner une nouvelle crise systémique par effondrement du marché des capitaux… il conviendrait de démanteler les banques dites systémiques dont la faillite pourrait être absorbée par les marchés. Pour rappel, la société générale a (fin 2013) des engagements à hauteur de 48 000 milliards de dollars…A-t-elle les fond propres en face ? Pour rappel encore, les fluctuations de l’indice Dow Jones de plus de 400 points à la hausse puis à la baisse en une seule journée (1000 points d’écart le 06 mai 2010)…s’agit-il d’évolution logique, rationnelle ? Pour rappel encore toujours, plus de 60% des opérations boursières sont le fait aujourd’hui de « trading algorithmique »… Pour rappel toujours, la somme mondiale des actifs financiers est aujourd’hui de 160 trillions de dollars. Là encore, y-a-t-il une réalité matérielle en face ? ou du vent que l’on brasse et rebrasse ?
Ne nous trompons pas, la finance est au cœur des affrontements à venir dans l’apparition d’un nouvel ordre (cf déclaration de Poutine, cf achat massif d’or par la Chine, cf multiplication des accords monétaires bilatéraux, …)
Au niveau industriel, les différents gouvernements n’ont eu de cesse depuis des décennies de définir un environnement économique défavorable, de confisquer la liberté de gestion et de faire dépendre nombres d’industries de l’Etat tandis que ce dernier appuyé par les syndicats favorisait le refus d’adaptation… tandis que le patronat français se pensent comme propriétaire des entreprises et des industries (cf Kron ou Lagardere…)… Nous n’avons que trop rarement constitué des rapports de forces mais exclusivement des rapports de faiblesse permettant aux Politiques de se présenter comme grand ordonnateur ou sauveur….
Au niveau économique, pas de retour de la croissance et pas d’amélioration profonde malgré les dires du ministre… Nous attendons une sortie de récession et un retour de croissance et elle n’est (toujours) pas là. Et, disons-le, elle ne sera pas là ! Aux Etats-Unis, en Europe, comme au Japon (et, là encore, je le redis une nouvelle fois, les abenomics ne marchent pas et ne marcheront pas !), les indices de vente à la consommation sont mauvais (y compris pour l’alimentation).
De ca fait, le problème est ailleurs : pourquoi nos entreprises (petites et grandes) ont disparu ou sont rachetées par des capitaux étrangers (textile, habillement, métallurgie, aluminium, automobile, agroalimentaire, …). Ont-elles toutes faites des erreurs de stratégies ? Etaient-elles toutes mal gérées ? Ou y-a-t-il plus réellement et prosaïquement un problème d’environnement économique (charges excessives, réglementation, orientation de l’épargne pour les besoins de l’Etat et non pour ceux de l’économie, …) ? Les « mesurettes » de servent pas à grand-chose comme d’ailleurs le plan de 50 milliards… Pas de baisse du chômage non plus car nous ne cherchons plus à produire de la richesse, mais juste à produire de la valeur… Les négociations concernant le Traité transatlantique en est le dernier exemple inquiétant…
La seule solution, à mes yeux, c’est de prendre ses pertes….
Pour conclure, dans son livre intitulé « Effondrement », Jared Diamond mentionne parmi les raisons pour lesquelles des civilisations anciennes meurent, l’incapacité de leurs élites à se représenter clairement le processus de bouleversement / d’effondrement en cours ou, si elles en ont pris conscience, leur incapacité à le prévenir en raison d’une attitude de défense « court-termiste » de leurs privilèges…
Mais, une autre lecture me semble possible : les acteurs économiques « testent » la France (l’exécutif français) à être en position / posture de prendre des décisions fortes sur des dossiers stratégiques. La réponse pourrait être simple : Alstom est stratégique pour la France, donc c’est moi l’Etat qui prend la décision et je prends celle de préserver ce cœur stratégique… L’enjeu est donc politique et concerne la crédibilité de notre exécutif. Sans réponse, nos autres fleurons économiques pourront devenir des proies en cas de difficultés.

Allemagne


En quelques jours, différents hauts responsables Allemands ont fait des déclarations sur la place de l’Allemagne dans le monde.

Le Président de la République Allemande, Joachim Gauck a tenu des propos pour le moins inédit : « L’Allemagne n’est pas une île. Les conséquences de l’inaction peuvent être plus graves que celles de l’action ». Puis demandant à son pays de « ne pas se cacher derrière la culpabilité passée de l’Allemagne pour fermer les yeux ».  La presse Allemande a abondamment repris ces propos les qualifiant « d’hymne à la responsabilité allemande ». Ensuite, le Ministre des Affaires Etrangères (SPD) Franck-Walter Steinmeier plaide pour « un engagement plus important de notre pays dans la réduction des conflits » tandis que la ministre de la défense (CDU) Ursula Von Der leyen indique tour à tour que « l’indifférence n’est pas une option pour l’Allemagne » et « L’Allemagne est prête à élargir son engagement (…) nous ne pouvons pas détourner le regard ».

Au-delà de l’aspect politique intérieure : en l’espace de quelques jours deux poids lourds de l’exécutif du gouvernement Merkel se sont fait entendre, chacun entendant prendre le leadership de son propre camp face à une Chancelière dans son dernier mandat ; l’aspect résurgence de la dimension internationale que l’Allemagne entend s’octroyer n’est pas anodin : ne pas être un géant économique et un nain politique, ce que les Allemands définissent autrement par ne pas être une « grosse Suisse »… Avant d’être un politique géopolitique allemande, il s’agit d’abord d’un infléchissement psycho-politique allemand.

Par ailleurs, il convient de noter un infléchissement de la politique allemande vis-à-vis de la Russie avec le retour de Steinmeier à la tête de la diplomatie allemande (il avait déjà occupé ce poste de 2005 à 2009 lors du premier gouvernement de coalition de Merkel) mais aussi avec la nomination de Gernot Erler au poste de directeur des relations avec la Russie (et ce au moment même de la crise ukrainienne).  Les deux hommes sont issus du SPD et entendent poursuivre discrètement la politique Schröder d’une relation privilégiée avec la Russie… tendance politique qui va aller à l’encontre de toute politique de l’UE et des autres membres. Or, face à l’affaiblissement généralisé des pays de l’UE (dont en premier lieu la France) mais aussi des Etats-Unis, ; face à l’absence totale d’une vision politique structurée et donc face à l’absence totale d’action politique structurante confinant à la paralysie ; l’Allemagne se trouve idéalement placée au centre du jeu. 

transtensions géoéconomiques


En cette fin d’année 2013, prenons le temps de réaliser un tour d’horizon des données et perspectives géoéconomiques des Etats-Unis, du Japon, de l’Union européenne et projetons-nous ensuite sur les attendus de la situation Française….

Aux Etats-Unis, les derniers chiffres du chômage sont officiellement bons : 7%. Mais si nous analysons l’évolution démographique américaine entre novembre 2012 et novembre 2013, ce sont 2,4 millions d’américains qui entrent dans la vie active selon la pyramide des âges et les statistiques migratoires… Or, les chiffres officiels de la part de population active américaine pour la même période sont en baisse de 500 000 américains, soit 2,9 millions d’américains qui, en un an, ont disparu des statistiques de l’emploi….. Si nous les réintégrons, le taux de chômage est alors de 11,5%…. et si nous intégrons les temps partiels nous atteignons les 15,6% !!!!!

Les Etats-Unis font faire défaut. Les conséquences à terme au niveau stratégique sont désormais évidente : non seulement un repli stratégique américain est inéluctable, mais plus encore les Etats-Unis ne respecterons désormais aucun engagement passé…

Au Japon, les derniers chiffres officiels sont mauvais avec notamment un taux de croissance de 0,3%… Or ce taux provient exclusivement de dépenses publiques donc en réalité de dettes supplémentaires…. 250% du PIB japonais de dettes ! Et désormais, il faut 7 euros de dépenses publiques pour produire 1 euro de croissance ! Le déficit commercial se creuse, la déflation se poursuit, ainsi que la dépréciation du yen face à l’euro comme au dollar. Certes, le plan de reconstruction d’infrastructures dans les zones du nord-est soutient le secteur du bâtiment. Tant que le Japon n’aura pas fait défaut, l’économie japonaise ne pourra pas repartir… et ce n’est pas l’annonce d’un nouveau plan d’injection de liquidités de 40 milliards qui modifiera la donne…. le problème n’est pas un manque de liquidités mais un problème de solvabilité….. Il est intéressant de comparer cela avec l’Islande qui vient de rendre solvable une partie des dettes des ménages….

Au niveau européen, quelques données inquiétantes (sans nous attarder sur celles issues des fameuses données PMI… enquêtes plus que données). D’abord au niveau économique, nous notons en moyenne zone euro une baisse de 2,1% des prêts aux entreprises.  Pour l’Espagne, le crédit au secteur privé a baissé de 19,3 % (entreprises) et de 5% (ménages). Pour le Portugal, cette part ménages a baissé de 6% et de 7,7% en Italie…. En France, si le Ministre de l’économie indique toujours que la croissance est de retour, il convient de regarder de près notre situation. L’augmentation de 0,2% de la consommation a compensée la baisse de 0,6% des investissements. Tandis que le commerce extérieur contribuait négativement (-0,7 point), la hausse des stocks a permis d’obtenir 0,5 point de croissance… Ce qui veut dire en réalité qu’à stock égal, le PIB de la France a diminué de 0,6% !

La situation des pays de la zone euro est donc dramatique. Nous achetons du temps depuis maintenant 5 années ;  nous achetons de plus en plus cher un temps de plus en plus court. Pour la zone euro, s’il apparaît nécessaire à beaucoup d’avoir une stratégie coopérative, une question fondamentale perdure : qui paye ?

La Grèce ne paiera pas ses dettes, comme d’autres pays. L’Italie, l’Espagne, le Portugal s’interrogent… Nous allons donc là aussi vers un défaut partiel au minimum, voire davantage, car en zone euro, nous ne pouvons payer en « monnaie de singe » comme actuellement le japon et les Etats-Unis le font…. Une bataille diplomatique et économique vient donc d’être lancée par la Commission (procédure initiée contre l’Allemagne), dont l’objectif est de faire « plier » l’Allemagne.  Soit les pays du sud explosent ou quittent la zone euro, soit nous resolvabilisons ces Etats dont la France par le biais d’impression monétaire ce que refuse l’Allemagne…  les économies de la zone divergent et les forces / dynamiques s’opposent.

De même, tous les pays ne peuvent tenter de bâtir leur croissance sur les exportations en zone euro via une baisse des salaires… D’abord parce que ces politiques (Espagne, Grèce, Portugal, Italie, …) entraînent des politiques déflationnistes…. Nous sommes en zone euro désormais en déflation. Forte pression déflationniste en Europe. Plus encore, cette pression devient structurelle et non plus conjoncturelle. Ensuite car nous n’avons pas intégré l’essentiel de la problématique : la crise n’est que le bruit d’une mutation profonde. Certains d’entre nos responsables estiment toujours que nous sommes face à une simple crise, et donc que la croissance reviendra naturellement très vite, très tôt…. Etrange raisonnement qui dure depuis 5 années. L’état final ne ressemblera en rien en l’état initial. La croissance ne viendra pas.

Le taux de chômage des jeunes en Espagne est officiellement de 57,4% et de 58% en Grèce (pour un taux de chômage global de 27%) ! Laurent Pinsolle sur son blog gaulliste libre (http://www.gaullistelibre.com/ – de nombreuses données de cet article sont issues de son blog) donne des chiffres pour l’année 2012 particulièrement inquiétant : « le nombre de suicides a augmenté de 26%. Médecins du Monde s’alarme du fait que près de 30% de la population vit désormais sans couverture sociale, avec une baisse des vaccinations et une augmentation de 21% des embryons morts nés. On peut également rappeler que le PIB a baissé de 25%, le pouvoir d’achat de la population de 40%, que le taux de chômage dépasse 25% et même 50% pour les jeunes, que le SMIC a été baissé de 22%, et même 32% pour les jeunes et enfin qu’1% de la population a quitté le pays en 2011 ! »…

De ce simple fait, soyons clairs : au sud du continent, non seulement la Grèce mais plus encore l’Espagne comme l’Italie peuvent désormais quitter la zone euro ! Au nord, l’Allemagne est en position de le faire. Car les deux politiques divergent : une politique monétaire adaptée aux pays du sud est destructrice de valeur pour l’Allemagne tandis qu’une politique monétaire adaptée à l’Allemagne est destructrice pour l’économie des pays du Sud… Bref, la politique monétaire commune n’est pas adaptée à l’ensemble de la zone euro ! De même, ne rêvons pas, les conditions macroéconomiques d’une union monétaire entre l’Allemagne et la zone euro ne sont pas réunies, et ce, malgré toutes les belles déclarations suite à l’accord sur l’union bancaire !

Il est intéressant de noter que différentes analystes économiques envisagent désormais le fait que l’Allemagne puisse raisonnablement quitter l’euro  même si les Allemands ne veulent pas en prendre l’initiative (notamment dernière étude de Patrick Artus de Natixis). Pour ce dernier, l’Allemagne devrait sortir de l’euro au regard de l’asymétrie des cycles entre l’Allemagne et le reste de la zone euro, l’affaiblissement des liens économiques entre l’Allemagne et les pays de la zone euro…  la crise de la zone euro a poussé l’Allemagne à développer son commerce extérieur hors zone euro. Ce qui implique aussi que pour conserver l’euro, il nous faut accepter la concentration croissante de l’industrie et des services en Allemagne avec les flux migratoires associés !!!! Ce qui est inacceptable. Comme est inconcevable le fait que tous les pays se lancent dans une politique économique basée sur l’exportation massive alors même que tous les pays voient leurs économies se contracter et leur demande intérieure se réduire !

Face à ces données inquiétantes, comment réagissent les marchés et les places boursières ? De manière totalement déconnectées de la réalité… Les commentateurs ne parlent que des marchés financiers… pas de l’économie… Logique, car les QE ne servent pas à l’économie mais aux seuls marchés financiers… Les niveaux de valorisation ne correspondent pas à la réalité. Une déroute boursière est à prévoir et pas seulement sur le marché action mais plus certainement (et plus inquiétant) sur le marché obligataire…. A titre illustratif, la BNP a des encours à hauteur de 48 000 milliards d’euros…. Quels fonds propres en face ? Autre exemple  que celui de la volonté de différentes aires géographiques de définir des monnaies communes : Koweït, Qatar, Bahreïn, Arabie Saoudite d’une part, mais aussi Kenya, Ouganda, Tanzanie, Rwanda et Burundi en Afrique… Autre exemple encore les transferts massifs d’or vers l’Asie via Hong-Kong… Autre exemple toujours, l’engouement pour les Bitcoins, qui démontre avant tout la suspicion envers les monnaies traditionnelles et la crainte d’un effondrement monétaire.

Il en est bien davantage au niveau de l’effondrement social….

Deux enquêtes (publiées semaine dernière) montrent que la situation économique et sociale se dégrade au nord de l’UE, y compris hors zone euro, et non plus uniquement dans les pays du sud de l’UE…. Ainsi l’enquête des médecins britanniques notant une nette augmentation des personnes hospitalisées pour malnutrition…. Au-delà, c’est bien sur le recensement des personnes bénéficiant de l’aide alimentaire (18% de la population américaine pour avoir un point de comparaison). En Grande-Bretagne, en quatre ans (2008 – 2012) nous sommes passés de 26 000 personnes bénéficiant de cette aide à 347 000 !  De plus en plus d’enfants sont concernés. En Grèce, aucun chiffre national n’est disponible, seuls des chiffres régionaux existent indiquant que dans certaines régions le taux d’insécurité alimentaire atteint les 60% ! En Espagne, 22% de la population vit officiellement sous le seuil de pauvreté et l’aide alimentaire concerne désormais directement 2,5 millions de personnes (sur une population totale de 47 millions) contre seulement 0,5 en 2008 ! Plus encore, le choc a été rude de découvrir pour les espagnols qu’il était désormais nécessaire d’ouvrir les cantines scolaires pendant les vacances afin d’offrir un repas complet par jour à des milliers d’enfants ! En Italie, avant 2012 aucune aide alimentaire n’était distribuée par la Croix Rouge. En 2012, ils sont 378 000 personnes ! En France, plus de 9 millions de personnes vivent au-dessous du seuil de pauvreté et 4 millions vivent d’aide alimentaire soit 16,5% de la population !

La situation économique et sociale s’aggrave donc et les décisions devant être prises seront avant tout politiques. En Italie, comme au Portugal, on s’interroge politiquement sur la dette publique et sur la nécessité de rester dans l’euro. Aux Pays-Bas, en France, en Grèce, les élections de 2014 verront de nombreux députés euro-critiques élus…  La Grande-Bretagne a remis en 2017 un vote sur la question européenne. En Allemagne, la coalition gouvernementale avec le SPD refuse à la fois davantage de solidarité envers les autres Etats et les euro-obligations. Plus encore dans le texte de l’accord de gouvernement entre les deux formations politique, est proposé qu’à l’avenir les plans d’aide aux autres Etats s’accompagnent obligatoirement d’une participation des pays aidés, bref d’une mise en application du précédent / modèle chypriote, à savoir la saisie de l’épargne…

Nous assistons donc partout à la montée de responsables politiques que nous nommons avec erreur populistes (Renzi et Berlusconi, Beppe Grillo, Marine Le Pen, etc…) mais aussi bien plus loin que la zone euro (Aam Admi Party en Inde, le parti du citoyen ordinaire)…. Avec erreur car les populistes, ce sont les peuples qui se sentent dominés, exclus, démunis, trahis, perdus, angoissés et en insécurité sociale, culturelle, physique, alimentaire, éducative et professionnelle y compris vis-à-vis de leur propres avenirs… bref, les populistes se sont ceux qui souffrent le martyr aujourd’hui confrontés qu’ils sont à la réalité…. en aucun cas, il ne convient de les stigmatiser car la dimension sociale est plus clivante que la dimension politique.

Le social c’est l’abandon des chiffres et le retour de l’humain, c’est la dignité de la personne vivant de son travail, fière de ce dernier comme de l’éducation qu’elle peut octroyer à ces enfants ; le social c’est la fatigue d’une journée de travail qui se termine dans la dignité d’un chez soi décent ; le social c’est la sécurité des personnes qu’elle soit culturelle, alimentaire, énergétique, professionnelle (nous devons sécuriser les personnes, pas les emplois), physique ou éducative ; le social c’est de vrais moyens de transports permettant de relier les centre urbains aux populations périurbaines….

Le FN devient un parti de laissés pour compte et donc devient de plus en plus porteur d’un simple message social dans une déliquescence du pouvoir politique ! De là, aussi l’aspiration dans l’opinion publique au renouvellement complet du personnel politique. En France, nous mesurons chaque jour le rejet de notre exécutif. Or, zéro désir de droite dans ce rejet de notre exécutif, mais bien une volonté sociale (les fractures françaises) de modifier le système…. Face à une formidable défiance envers la classe politique dans son ensemble et les « élites ».  Comment le peuple pourrait-il ne pas manifester ce dégoût de la politique et de la classe politique dans son ensemble lorsqu’il constate les rentes de situation de ce personnel politique qui ne vise qu’à se recaser par simple cooptation (Harlem Désir pour la troisième fois tête de liste aux élections européennes …. MAM et Morano pour l’UMP, ….). La parole politique souffre donc d’un discrédit absolu…. Les Français, comme d’autres peuples dans le monde non seulement ne croient plus en l’autorité politique mais ils commencent à ne plus écouter personne… Et dans les difficultés, de plus en plus, les batailles se livrent hors du champ politique mais se multiplient et se développent dans le champ social (sur le terrain sociétal).

Que comprendre au final ? Tous les grands avantages acquis, y compris sociaux, ont été pensés et réalisés durant des périodes durables de croissances fortes. Nous ne sommes plus dans ce cadre. Les possibilités ne sont plus les mêmes sachant que dans un horizon court et moyen terme, nous n’aurons plus de forte croissance. Alors quelle alternative ? Celle d’un retour aux fondamentaux et d’un discours social fort mais réaliste appelant aux sueurs et aux larmes car il n’existe pas de solution miracle et de court terme…juste un chemin pavé d’obstacles que nous devons surmonter ensemble (la Nation) car nous nous en sortirons ensemble ou pas du tout ! La France est une nouvelle fois face à son destin, celui d’abord de sa propre volonté !