Fractures morales, fractures économiques, fractures géopolitiques…


Surprise, Indignation, transparence…

Course non pas aux qualités des hommes et femmes mais bien course au misérabilisme… De nouveaux impôts sont et seront levés tandis que la dépense publique globale est plus haut historique… La dégradation morale est générale mais provient d’une confusion des valeurs et des problématiques. Nos actes ont des conséquences pour des générations…
Au niveau des valeurs, non seulement, être riche devient suspect, immoral…probablement illégal ; mais plus important et sous-jacent, nous assistons à la mise en place d’une exposition de la morale (individuelle, sorte d’examen de conscience) visant à permettre une morale collective dans le refus / renoncement de toute possibilité de morale individuelle… la morale et/ou la vertu obligatoire ne sont pas des bons souvenirs de l’histoire de France… les Français et plus encore l’éxécutif devraient s’en souvenir…

Les fractures actuelles laissent à penser à une simple bipolarisation de la société française comme européenne alors qu’en réalité le délitement et émiettement sociétal devrait être perçu comme extrêmement préoccupant car décrivant la fin d’un processus de déconstruction nationale… Pire, les Français comme l’ensemble des peuples européens n’ont plus confiance en leurs gouvernements car ils n’ont plus confiance en l’avenir…Durcissement du climat social alors que l’austérité n’a pas encore commencé…
Au niveau des problématiques et de la compréhension de la réalité, particulièrement celle de la situation de notre pays… La croissance économique ne vient pas du déficit public, même si certaines dépenses publiques peuvent contribuer à l’environnement de la croissance. Il est possible en ce sens, de réviser dans sa totalité sans pour autant tuer le service public. Et, chaque dépense doit avoir un sens…

Or, ont été sacrifiés toutes les dépenses de recherche et d’investissements (préparant le futur) pour préserver le règlement des pensions / salaires / rentes et le financement des structures publiques. La France attend des autres une hypothétique reprise dans un plan de communication / marketing !!!   La zone euro était en fin 2012 à 3,2% de moyenne de déficit…tandis que la France était à 4,8% de déficit : la France est, comme nous l’avons déjà dit, le maillon faible de la zone euro… potentiellement de l’Union européenne. La dette française va devenir ingérable… L’ensemble des pays européens, de la zone euro ou non, sombre…

Qui conçoit encore la légitimité des décisions prises ? Austérité versus croissance tel semble être le dilemne, comme si rien d’autre n’était possible… le débat comme les idées, est malheureusement binaire… et stupide…. le cadre choisit par les responsables ne nous laisse aucune porte de sortie… Faillite des élites… Faillite des experts… Faillite des politiques… Partout s’amoncellent les signaux mais peu semblent les voir, beaucoup veulent les ignorer ou les réfuter…
La baisse de l’or montre le ralentissement de la vitesse des monnaies malgré leurs manipulations, et donc, déjà, à terme, l’échec des différentes politiques monétaires mises en œuvre aux Etats-Unis et au Japon. Ainsi la manipulation des monnaies consiste à une tentative de vol de la croissance des autres pays ; tentative qui va à terme paralyser le commerce international… La confiance, c’est la paix ;  là encore ce que tous les Etats européens ne peuvent méconnaitre au regard de leur histoire. Les conséquences de cette omission/occultation seront dramatiques… Tous appelent aujourd’hui de leurs voeux d’aller au plus vite retrouver les Etats-unis et le Japon dans leurs politiques monétaires, oubliant qu’ils sont, eux aussi, aux bords du gouffre… Pire, puisque les régles comptables ne permettent plus de répondre, pas de souci… les régles du jeu sont modifiés à l’instar des modifications de calcul du PIB américain sous couvert de simple actualisation…  Les chiffres économiques ne sont pas bons donc il suffit de les modifier pour améliorer la situation économique… Ce n’est pas en changeant le thermométre que la fièvre baisse et que le malade guérit !!! le ridicule ne tue pas…ni l’absurdité ! Heureusement !
Nous allons vers des temps révolutionnaires. point de crise(s) ici et maintenant, mais une mutation géopolitique de grande ampleur : le système né de la Seconde Guerre Mondiale se désagrège…. l’onde de choc sera gigantesque !

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Les Etats ne remboursent jamais.


Les Etats ne remboursent jamais. Ils « roulent » leurs dettes y compris parfois jusqu’au défaut, soit par la croissance économique, soit par le biais de fuite devant la monnaie (hyper inflation). Ainsi à seule fin de rouler sa dette, la France aura besoin en 2013 de 300 milliards d’euros. Aujourd’hui, nous sommes, de fait, face à une crise systémique. Nous mesurons le vide politique. Les politiques semblent perdus dans l’abysse des dettes souveraines. Perdus et apeurés. Les médias ne cessent de rebondir sur ces craintes, tout en se posant en rempart de l’expertise…Les opinions publiques, européennes, sont elles aussi désemparées, face à cette brutale accélération de l’histoire. L’opinion publique n’a pas de but. Il n’y a pas, de vision politique. Dès lors, le défi politique actuel, est d’accrocher du positif à la fois sur la situation réelle du pays … tout le sens des propos de Cameron, de l’ancien slogan d’Obama…voire du rêve de la campagne de François Hollande…
Certes, la fin du triple A français par le biais d’une dégradation généralisée a enlevé le stress de la dégradation individualisé. Mais pas la réalité, car au risque de déplaire, il s’agit d’une erreur d’interprétation : les dettes souveraines ne sont pas la cause des problèmes actuels mais la conséquence.
Notre dette n’a servi qu’à permettre des transferts sociaux et aucunement la création d’actifs productifs. Les causes sont multiples et connues : périmètre de l’Etat trop large, coût du travail et absence de compétitivité globale, modèle social à la fois trop coûteux et inefficace… Notre modèle doit servir la compétitivité globale de notre pays comme la protection sociale de nos concitoyens. En est-il ainsi aujourd’hui ? A titre indicatif, les 25-55 ans représentent aujourd’hui 40 % de la population totale française, mais 80% des actifs. Il s’agit donc d’une base sociale démographique faible associée à une compétitivité individuelle extraordinaire… que le système social dans son entier réprime ensuite !
En réalité, protégés par l’euro, les européens (français comme les autres) ont consommé sous le crédit de l’Allemagne.
Oui, la Grèce va faire faux bond. Le terme est pudique, car, au-delà des mots, la Grèce a déjà fait défaut. Au niveau politique, les résultats des élections de ce dernier week-end aggravent la situation car les politiques grecs « gagnants » (néo-nazis et extrême gauche) ne veulent tout simplement pas assumer la responsabilité politique gouvernementale de leur victoire. La Grèce est entrée en tensions…Les marchés financiers suivent…Leurs relations sont elles aussi en trans-tensions…
L’idéal grec pourrait-il être de quitter la zone euro, un retour à la drachme avec une dévaluation supérieure à 50% et donc, immédiatement, de facto, l’impossibilité de rembourser 100% de la dette… Qu’en serait-il alors ? Cessation de paiement, dépréciation des devises redevenues nationales, mais pour instaurer un gain massif de compétitivité, il conviendra aussi d’y associer dépréciation réelle des prix et des salaires (de l’ordre de 30%)… Un modèle à suivre pour d’autres pays ? les conséquences sociales, politiques, géopolitiques sont immédiatement titanesques…
Oui, il convient de « restructurer » les dettes et d’anticiper un retour de l’inflation car les politiques savent qu’ils ne peuvent faire acter à leurs opinions publiques l’enjeu des pertes issues des dettes…
L’avenir de l’Union européenne comme celui de l’euro ne se joue déjà plus sur la Grèce…

Quels résultats ?


Quelles analyses des résultats de ce premier tour des élections présidentielles, dans ce qui ressemble pour la France, à un champ de ruines avant l’heure ?
La campagne a été primaire et relativement pathétique, ne correspondant à aucun moment aux véritables enjeux de notre pays. De fait, le discours politique s’est cantonné à l’affirmation de certitudes et d’évidences… Aucun grand discours mobilisateur avec une vision. La question centrale n’est pas de définir les mesures qui comptent, nous les connaissons et les français les connaissent ; mais bien de définir leur supportabilité, c’est-à-dire en réalité de poser et définir les trajectoires de sorties… vivrons-nous mieux dans 5 ans, 10 ans, qu’aujourd’hui ?
La réponse, pour évidente soit-elle ne va pas sans le dire ! Et donc, collectivement définir les bénéfices des « réformes » attendues permettant au corps social d’encaisser ces fameuses réformes qui ne serviront à rien tant l’ampleur demande en réalité de réinventer… Ainsi de l’école, des retraites, de la santé, de la protection sociale ou encore du travail… Et de l’Union européenne… Mais pour cela il faut modifier le cadre de raisonnement et donc in fine le système lui-même. Se pose alors la question de la capacité à emmener la nation, alors que la situation réelle de la France est niée par les différents candidats… La France est déjà l’Espagne, mais elle ne connaît pas encore l’austérité grâce au parapluie allemand !
Concernant l’appréciation des résultats, le taux de participation signifie que l’offre politique dans sa diversité était satisfaisante. Au-delà, cela confirme d’abord et avant tout l’analyse de l’un de nos billets précédents : la France est déclassée, profondément et durablement divisée voir éclatée, mais aussi fiévreuse et désireuse de révolution. Nous entrons bien dans des temps prérévolutionnaires.
Le vote populiste était attendu, il fut au rendez-vous-même si les instituts de sondage connaissent (a priori) des difficultés à analyser le vote des électeurs radicaux. Mais plus encore, concernant l’appréciation de ce vote, défini exclusivement comme un vote de colère, un vote contestataire… Il y a désormais une idéologie sous-jacente, celle de la remise en cause du cadre de référence et du système, car ce dernier pour des millions de personnes ne fonctionne plus. Voilà aussi pourquoi il est nécessaire de cesser toute idée de réforme et réinventer un cadre, un système social et économique permettant à la fois croissance et justice sociale. C’est certainement là où le Président Nicolas Sarkozy a failli. Les réformes annoncées par lui n’ayant pas toutes opérées (y compris le slogan « travailler plus pour gagner plus »), le système est défini comme inopérant. L’hypocrisie politique française est de ne pas accepter la revendication d’une action politique que l’on sait nécessaire mais que l’on ne veut pas voir évoquée. Et nous retrouvons cette idéologie populiste patrimoniale (suivant l’expression de Dominique Reynié) autant au FN qu’au FDG…
L’austérité est une politique. La croissance n’en est pas une et ne se décrète pas, y compris par son inscription dans un traité. Cette incompréhension économique réelle de part et d’autre va de pair avec la confusion entre le long et le court terme, entre l’équilibre budgétaire et l’éternelle dichotomie hausse des impôts / baisse des dépenses (quel que soit le Président élu, nous assisterons à une hausse de la TVA et de la CSG dans une clé de répartition de l’ordre de 40% de hausse des impôts et 60% de baisse des dépenses).
Au-delà, et plus fondamentalement, la dette française dépassera les 90% du PIB, contraignant le prochain Président à une politique incontournable induisant les conséquences déjà mises en évidence dans un billet précédent et ayant (déjà) provoqué une levée de boucliers de la part de responsables politiques…qui pourtant livreront globalement la même bataille, avec des instruments et des raisonnements intellectuels surannés !

LW