Ukraine : l’éclatement


Nous sommes très mal engagés. Poutine tient les cartes et le jeu et s’en va du sommet pour se « reposer » ce qui en dit long en termes diplomatiques sur ce qu’il pense de nous…

Désespérément, nous ne sommes pas au niveau diplomatique (La France et l’Union européenne).

Très clairement, notre diplomatie a commis une faute lourde à Maidan… et plus encore trois semaines avant lors d’une réunion du Quai faisant de la révolution en Ukraine, un axe de notre politique étrangère…

La situation ukrainienne inquiète suite aux résultats des élections avec l’apparition de zones de très fortes abstention dans des régions frontalières à l’ouest (Hongrie, Slovaquie) mais aussi au sujet de nombreuses tensions liées aux mouvements Svoboda et Pravy Sehtory.

Un constat : l’Ukraine est en train de se défaire. Elle se défait à l’Est avec l’insurrection séparatiste soutenue par les russes, mais plus encore la révolution de Maidan a fait exploser le fragile équilibre ukrainien (à l’instar de ce qui s’était déroulé en Yougoslavie).

L’éclatement est donc malheureusement la suite logique du processus…

 

 

un système monétaire mondial OUT


Japon :
La population japonaise vieillit à un rythme rapide (127 millions de japonais aujourd’hui, 84 millions en 2050 ; soit 1/3 de population en moins). Par ailleurs, nous constatons une très forte chute du Yen face au dollar (76 yen pour 1 dollar au début des Abenomics ; 116 aujourd’hui). Ceci a entrainé mécaniquement une augmentation du coût d’acquisition des denrées (énergie : + 66% ; alimentation : + 50%)
L’inflation est en hausse : 3,1% contre 0,7% fin 2013. Les analystes s’en félicitent expliquant par la même la réussite du plan des Abenomics… omettant que cela correspond à l’augmentation (3%) de la TVA. Cette inflation est donc purement mécanique et ne correspond en rien en une conséquence de l’afflux de liquidités.
La population japonaise vieillit et ne reconstitue plus son épargne, en parallèle d’une paupérisation (de septembre 2012 à 2013, le pourcentage de la population japonaise n’ayant plus aucune épargne financière est passé de 26 à 31% ; le chiffre n’étant pas communiqué par les autorités japonaises pour la période 2013 à 2014…) et diminue donc sa consommation (- 5,3%).
Au niveau des entreprises japonaises , nous constatons un renchérissement des matières premières et une baisse des exportations conduisant à une diminution des marges des entreprises japonaises et à une réduction des coûts des entreprises japonaises par baisse des investissements directs (- 5,1%) aboutissant à un recul du PIB ( – 1,8% au dernier trimestre).

Etats-Unis :
Le taux de chômage est de 5,9% et la croissance atteint selon les chiffres officiels trimestriels américains 4,6%.
La croissance américaine, qui sera révisée à la baisse prochainement est essentiellement fabriqué par le déficit et la dette. La croissance américaine a atteint 3% pour le dernier trimestre, dû selon les autorités américaines aux fortes exportations… sans préciser les zones d’exportations dans un monde en récession.
Le taux de chômage est de 5,9%… qui s’explique uniquement par la baisse du taux de participation de la population active : au 31 décembre 2007 à aujourd’hui, 13 millions d’américains ont disparu des statistiques… tandis que deux nouvelles bulles sont apparues : bulles des prêts étudiants et bulles des prêts automobiles…

Mais au-delà de ces deux cas, que pouvons-nous en dire ?
Tandis que en zone euro nous sommes en récession malgré les dires des politiques ; les fondamentaux se dégradent de plus en plus tant en zone euro, qu’au Japon, en Chine, et aux Etats-Unis. Le seul moteur économique devenant / restant les liquidités créées… Les marchés boursiers sont surévalués mais sans création de panique (pour le moment) du fait des politiques monétaires dites accommodantes !
De plus en plus de dettes pour maintenir l’économie et une illusion de croissance. Je Japon détient 1 200 milliards dollars de dettes américaines. Or, le yen ne vaut plus rien en regard des dettes propres du Japon…

Comprenons bien : le risque majeur aujourd’hui est un risque devises. Les contreparties bancaires n’existent plus. Or, la devise est ce qui définit la totalité des actifs.
Nous allons donc assister à une chute des systèmes monétaires du Japon comme de la zone euro, et en partie de celles Etats-Unis. Mais, c’est en réalité à un changement de système monétaire mondial que nous allons assister qui ira bien au-delà des accords de dé-dollarisation actuellement en vogue dans certains échanges économiques.

Qui va se substituer à moi pour assurer les risques ?


En France, les marges des entreprises ont peu de chance de s’améliorer, tandis que les investissements sont en panne faute à la pression fiscale, tandis que pour la grande majorité des citoyens la priorité n’est plus d’épargner ou d’investir mais d’échapper à l’impôt ! En parallèle les retraites des systèmes privés (AGIRC ARRCO sont discrètement pillées afin de renflouer les systèmes de retraite publics (IRCANTEC) permettant de sauvegarder les régimes spéciaux).

Nous n’avons plus d’argent donc nous le dépensons sans compter… Notre système économique fonctionne désormais sur la dette.

Le déficit continue de se creuser alors même que notre pays a subi un choc fiscal sans précédent (69 milliards d’euros de prélèvements supplémentaires depuis 2011). L’objectif du déficit budgétaire de 3.6% du PIB en 2014 et de 3% en 2015 ne sera pas tenu. A comparer avec la promesse de FH (comme de NS) d’atteindre celui des 3% dès 2013 ! Nous sommes non seulement hors-jeu mais aussi discrédités…

La France est désormais un partenaire « junior » pour l’Allemagne. Le triangle dominant est UK-ALL-IT chacun défendant ses intérêts. UK fait du chantage sur sa sortie. ALL domine économiquement. Renzi est le socialiste européen qui réussit (pour le moment). La France a le levier de l’international mais ne l’utilise pas ! Sauf peut-être pour faire diversion par rapport à la scène intérieure : intervention à venir en Irak pour « effacer » les affaires Thevenoud, le succès littéraire de la rentrée et le retour de NS. Nous ne faisons plus partie du triangle dominant. Or, les autres pays européens s’agrègent auprès des dominants (Pologne-Allemagne, Tusk-Merkel notamment).

 

En Europe, la production industrielle a progressé de 2.2% en juillet mais uniquement grâce à l’Allemagne (2.4%)… il est amère de constater que l’Euro est devenue un outil déflationniste : hier, l’ajustement se faisait par la valeur de la monnaie (déflation), aujourd’hui, l’ajustement se fait par les salaires ; la baisse des salaires renforce la compétitivité… Certes, c’est la politique qui fut conduite par l’Allemagne.

L’ensemble des politiques économiques mises en place dans les pays européens et visant à renforcer la compétitivité par ajustements salariaux a alors conduit à rompre un cycle potentiel de croissance et a abouti à une impasse économique et budgétaire prévisible (je n’ai de cesse de le dire depuis trois ans) et à amplifier la déflation.

La crise provient de surendettement et de sur liquidités. Les réponses actuelles sont mauvaises car reposants sur une mauvaise allocation de l’épargne.

La déflation est notre horizon. L’inflation est passée en zone euro de 1.3 à 0.3% en un an. Dans différents pays (du Sud), les prix baissent de manière importante (Grèce et Espagne notamment). Or, la déflation induit mécaniquement une spirale dangereuse : baisse de l’activité (notamment par report des dépenses), baisse de la croissance (déjà nulle), augmentation de la dette et du coût de la dette (Grèce : recul du PIB de 20% et hausse de 25% du poids de la dette). Pour le bien de l’Europe, il faut que l’Allemagne aille moins bien !

 

En Allemagne, les données sont impressionnantes : faible chômage, profitabilité des entreprises, diminution du déficit public, augmentation des exportations et donc de l’excédent extérieur, augmentation des revenus par tête et stabilisation des inégalités (qui ne sont pas plus importantes du reste de la zone euro). A terme le vieillissement démographique allemand va modifier ce constat et notamment sur deux points immédiats : le taux d’épargne des ménages et le potentiel de croissance (faible : 0.4%).

Plus encore, la faiblesse de l’Allemagne dans les nouvelles technologies du fait des investissements importants dans le niveau de gamme de sa production dégraderont son commerce extérieur et entraineront des pertes de parts de marché vis-à-vis de nouveaux concurrents émergents. Mais il s’agit d’un modèle économique non duplicable car reposant sur un fort excédent commercial alors même qu’il est structurellement impossible à tous les pays européens d’être simultanément dans la même position. L’Allemagne est un passager clandestin pour le reste des pays européens. Ses solutions ne sont pas transposables.

 

Au Portugal, l’Etat est en faillite mais personne ne veut le reconnaitre, lui permettant de s’endetter à nouveau pour renflouer une banque. Or, les banques européennes étaient définies par l’ensemble des politiques européens comme saines et le système monétaire européen comme sain et sauf… Notre modèle européen dérive : les contribuables deviennent les seuls responsables de tous…

 

Il est sidérant de voir des responsables politiques dénoncer les risques de déflation tout en menant des politiques économiques déflationnistes. Pire, ces mêmes responsables réclament aujourd’hui des mesures d’assouplissement monétaire de la part de la BCE ; une drogue apaisante ; sans mesurer (ou vouloir mesurer) les conséquences de ces mesures ni même les travers du système monétaire mis en place. Mario Draghi est parfait dans son rôle mais n’a pas les moyens de transmettre des impacts dans l’économie réelle.

Les politiques d’assouplissement monétaire (en réalité, des politiques d’impression monétaire) ont partout échoués. Même la FED le reconnaît dans son rapport publié début septembre.

 

Au Japon, les revenus continuent de diminuer (c’est une constante économique japonaise depuis plus d’une décennie).

Le cas japonais est exemplaire à plusieurs titres car il est aussi structurel tandis qu’en face les responsables politiques ne cessent de pratiquer la même politique économique (nous en sommes à la 9ème politique d’impression monétaire) avec un leitmotiv : « cela ne marche pas mais cela finira par marcher » !

La Banque centrale japonaise ne peut plus désormais financer le déficit japonais car l’épargne japonaise est devenue insuffisante tandis que les investisseurs étrangers refusent de prêter au Japon (endettement à hauteur de 240 % de PIB). Donc, pour faire face, le Japon imprime des billets. Et certains en France et en Europe nous parlent de « modèle japonais » en nous exhortant à suivre sa politique.

Comprenons bien, la politique monétaire japonaise n’est pas une politique choisie mais une politique subie. A défaut le Japon sera en faillite car ne pouvant financer son déficit public. Le Japon est entré dans un cycle d’effondrement de la devise et d’hyperinflation violente avec pour conséquence à terme la cessation de paiement. Or, le Japon est la 3ème économie mondiale. Les conséquences économiques seront majeures.

 

Aux Etats-Unis, pas de croissance des revenus mais une reprise du crédit. De là, l’actuel reprise de croissance économique (1 à 1.8%), mais avec un nouveau problème de « qualité » du crédit, d’autant plus qu’un crédit est une dette soit pour investir soit pour consommer…. La bulle des crédits étudiants (student loans) risque d’éclater du fait de leur fort caractère subprime ; les actifs des entreprises sont nettement surévaluer (multiple supérieur à celui de 2007 et identique à celui d’octobre 1929 !) ; l’effet richesse ne cesse d’augmenter (l’enrichissement des ménages les plus riches impactes positivement la croissance, mais toute correction boursière entrainerait mécaniquement une récession).

La balance des exportations hors commerce extérieur se creuse. Certes les stocks ont baissé et réalisent à eux seuls pour près de 1.5% de croissance. Le déficit budgétaire américain ne se résorbe pas : de septembre 2013 à septembre 2014, 1 000 milliards de dettes supplémentaires aux Etats-Unis.

Plus encore, avec une croissance de 1.8% pour 2014, cela équivaut à 900 milliards de dollars de croissance de PIB pour une injection de 5 000 milliards de dollars dans leur économie. Ce qui signifie que pour 5 dollars de dettes, il y a 1 dollar de PIB !

Pire, là aussi les inégalités se creusent comme l’a démontré Thomas Piketty puis la FED. Si la crise financière avait permis une légère contraction des inégalités, ces dernières ont augmentés depuis 2010 : la part des richesses détenues par les 3% des américains est passée de 51.8% à 54.4% entre 2007 et 2013 (+2.6), tandis que celle de 90% des américains est passée de 33.2% en 1989 à 24.7% en 2013 (- 8.5) !

La macro économie n’est que l’agrégation des comportements économiques micro, c’est-à-dire individuel… On voit partout les revenus baissés et un chômage de masse atteignant des proportions hallucinantes et certains espèrent une croissance forte…. Tandis que certains interprètent les paroles de Yelen ou de Draghi, ou la parité euro-dollar, comme hier on interprétait les astres…. Certes, les économistes ont été inventés pour que les astrologues aient l’air sérieux, mais restons sérieux et constatons surtout le manque de conviction de tous les acteurs économiques et la recherche effrénée de justifications.

En réalité, depuis les années 80 en France et au Japon ; les années 90 aux Etats-Unis et en Europe, les années 2000 en Chine ; le dynamisme économique s’est fortement érodé. Refusant ce constat pour des raisons diverses (et radicalement différentes selon les zones), les responsables politiques ont décidé de stimuler l’économie de manière artificielle (politique de taux d’intérêt bas et politique d’assouplissement monétaire).

Du refus de ce constat, nombres d’erreurs ont été réalisées et notamment celle de la croyance en un redémarrage économique facile. Nous naviguons à vue…. Personne ne veut prendre la mesure du phénomène en cours depuis plus de 20 ans dans le monde….

Mais plus encore que le refus du constat, personne n’a voulu affronter la double origine de cet affaiblissement : le privilège commercial accordé en 2000 à la Chine par son entrée dans l’OMC et le vieillissement démographique de nos populations. Une population vieillissante réclame une monnaie forte afin de lutter contre l’inflation (l’inflation diminue les rentes). Lorsqu’une population vieillit démographiquement, elle devient rentière (par diminution du nombre de « producteurs ») et préfère détruire sa compétitivité (y compris à l’export) au profit du maintien de sa rente. De ce fait, il est sidérant de voir le gouvernement français s’attaquer à la seule politique française efficace que constitue notre politique familiale !!

Ce que nous observons actuellement dans le monde entier (stagnation-baisse des salaires, montée des inégalités, augmentation du capital) traduit un dysfonctionnement du système politique qui ne parvient plus à rendre les « marchés » concurrentiels encourageant les dysfonctionnements.

 

Qui va se substituer à moi pour assurer les risques ?

 

Nous sommes très loin de la reprise économique.


Les prêts aux entreprises et aux ménages baissent dans tous les pays européens tandis que les revenus disponibles ne cessent de diminuer. Le taux de croissance de la zone euro s’établit à 1,1% en moyenne sur la période 2001-2011 contre 1,9% hors zone euro. Pour rappel, pour la France : 0%, Italie : -0,1%, Portugal : -0,7%, Pays-Bas : -1,4%, Allemagne : 0,8% alors même que 80% de la richesse mondiale provient des exportations, ce qui démontre malheureusement le peu de dynamisme du commerce mondial…
Au niveau des PIB la situation est tout aussi inquiétante : si le PIB allemand a augmenté de 3,3% depuis 2008, il est en baisse dans toute la zone euro, atteignant une baisse de 23,3% en Grèce. L’investissement est lui aussi en baisse
Dans différents pays de la zone euro, les prix baissent ; 2% en moyenne en Grèce sur la dernière année mais dorénavant aussi au Portugal depuis février 2014 et en Espagne depuis mars (- 0,2% sur un mois), augmentant mécaniquement aussi le poids de la dette…
Pour la France, notre inflation est tombée à 0,5% au regard du fameux « panier de la ménagère » (donc avec marge de la distribution) alors qu’ils sont en baisse de 1,3% dans l’industrie (retrouvant en cela les baisses de 2008/2009). Un processus déflationniste semble en train de s’engager dans une partie de la zone euro.
Aux Etats-Unis, les derniers chiffres sont à ce titre particulièrement significatifs (et renforcent notre dernière analyse) : – 2,9% de croissance révisée pour le premier trimestre 2014 avec correction négative pour avril et mai… Pour rappel, il était initialement défini par les autorités américaines a +0,1% et j’avais indiqué combien il était absurde de le prendre au sérieux… Durant la période récente (depuis 2008), le QE mis en place par la FED a conduit à la fois à une hausse du prix des actifs tandis que le taux d’épargne des ménages n’ eu de cesse de baisser depuis 2012…
Les inégalités ne cessent de croitre dans les différentes sociétés (aux Etats-Unis, depuis 2009, 95% de la croissance des revenus est allée au 1% le plus riche). Les revenus du capital étant plus élevé que la croissance, une nouvelle concentration des richesses et du capital se poursuit… Cette croissance des inégalités, si elle n’est pas combattue, impliquera des déflagrations de violence de par l’absence de débouchés de travail ainsi qu’une redéfinition des critères politique. Il convient donc d’élaborer un nouveau système fiscal (remise à plat du système de l’impôt sur le revenu et le capital).

En conséquence :
- Miser sur le retour de la croissance pour lutter contre le chômage paraît donc totalement en décalage avec la réalité économique. Ne pas omettre un fait démographique : en Allemagne le taux d’emploi augmente parce que la démographie diminue (la baisse du taux de chômage en Allemagne provient pour plus de 80% des départs en retraite).

- L’insuffisance de croissance économique ne fait que renforcer les risques géopolitiques (manque d’argent pour « acheter » les problèmes).

Chut, il ne faut pas le dire…


Au Maghreb et Machrek, au-delà des révolutions arabes, AQMI (qui a rallié Al-Qaeda en septembre 2006) poursuit ses opérations et ne cesse de s’étendre : originaire de Kabylie, s’implantant au Maroc, en Tunisie, en Libye. On (re)découvre que ces branches les plus récentes comme Ansar Al Sharia (active en Libye) comptent des algériens dans ses rangs… Au Sahel, Ansar Dine et le MUJAO structure les différents mouvements islamistes, menant leurs opérations au Mali, au Niger… tandis que le MUJAO a officiellement fusionné en août 2013 avec le groupe de Belmokhtar pour donner naissance à une nouvelle structure : Al Mourabitoun qui s’est immédiatement mis sous les ordres d’Al-Qaeda tout en refusant d’être sous la direction d’AQMI… Ce mouvement, ne nous y trompons pas est certainement un mouvement en devenir dans toute la région sahélienne et en Libye ! Ce que démontrent aussi les récentes et discrètes opérations des forces spéciales algériennes en Libye (allièes aux forces américaines et françaises).
Au Nigeria et au Cameroun, Boko Haram, mouvement islamiste devenu mouvement djihadiste ne cesse de se consolider. Sa structure internationale, le mouvement Ansaru navigue entre deux eaux… y compris dans ses relations avec AQMI (2012 et 2013). Ce mouvement pourrait déstabiliser le RCA, le Cameroun dans son entier et le Niger.
En Afrique de l’Est, la situation se complexifie plus encore depuis la première apparition d’Al-Qaeda en décembre 1992 à Aden… Ne pas oublier l’ensemble de la Corne de l’Afrique déstabilisé (Soudan, Tanzanie, Ouganda) et au-delà le Yémen
Bref, nous constatons différents foyers multidirectionnel (Maghreb, Machrek, Sahel, Somalie, Afrique centrale, Corne de l’Afrique, Afrique de l’Est, Yémen, péninsule arabique, Syrie, Irak, …) tandis que les djihadistes inscrivent leurs actions locales dans un cadre global. Nous assistons donc à une convergence de ces crises sécuritaires qui s’alimentent les unes les autres, tant sur le continent africain qu’au Proche et Moyen-Orient…plaçant souvent la France en première ligne, et face auxquels nos capacités militaires et non-militaires sont trop limitées (avec en sus des budgets en constante diminution). Au-delà, comment ne pas constater aussi que nos alliés africains (Tchad, Mauritanie, Burkina, Niger, …) ne nous appuient pas, démontrant la nécessaire refondation de notre politique africaine…

Au-delà, l’actualité médiatique nous emmène vers l’Irak et l’EIIL. La situation en Irak n’a rien de surprenant, tant pour des raisons intérieures que pour des raisons géopolitiques. Le Premier ministre irakien Nouri Al-Maliki a évincé les sunnites de tous les postes de pouvoir politiques, de l’administration comme de l’armée en poursuivant la « débaassisation » initiée par les Etats-Unis et en ne s’entourant que de chiites… Nombres de cadres militaires sunnites sont ainsi allés augmenter les groupes djihadistes. Aujourd’hui l’armée irakienne, bien équipée, n’a aucune réelle valeur combattante. Les deux seules forces « militaires » capable de s’opposer aux groupes djihadistes est la milice de Moqtada al Sadr, aussi nommée l’armée du Mahdi ; et les forces kurdes de la région autonome du Kurdistan (sans réelles capacités offensives).
L’EIIL (Armée de l’Etat Islamique de l’Irak et du Levant) s’est formé par filiation avec Ansar Al-Islam et Al-Qaida en Irak (Abou Moussaab Al-Zarqaoui) en 2003 par financements de l’Arabie Saoudite… mais depuis la fin de l’année 2009 le Qatar a pris le contrôle du groupe via d’abondants financements, contraignant l’Arabie Saoudite à créer via ses propres services secrets un nouveau groupe, Jabhat Al-Nosra (qui a férocement combattu l’EIIL en Syrie)…
En 2013, avec l’arrivée à la tête du Qatar de Tamim Ben Hamad, le régime qatari a fortement diminué ses contributions à l’EIIL (repris en cela par nombres de donateurs privés, qataris et saoudiens). De même, en Arabie Saoudite, la mise à l’écart de Bandar Ben Sultan, a permis à une nouvelle ligne politique d’émerger : dialogue avec l’Iran chiite, restriction aux djihadistes, abandon du soutien aux Frères musulmans en Egypte…
L’EIIL se trouve aujourd’hui doté de moyens importants mais elle doit trouver des financements de substitution à ceux de ces mentors…. Mais ne dispose d’aucune structure politique, d’aucune organisation administrative à même de gérer des villes…
L’Iran devrait (logiquement) jouer le jeu du pourrissement (tout en intervenant ponctuellement via ses propres services) afin de démontrer qu’elle est bien une puissance régionale responsable à même de dialoguer avec les puissances occidentales sur ce sujet comme d’autres (le nucléaire n’est jamais bien loin). De ce fait, elle cherchera à apparaître, y compris aux yeux des irakiens, comme un recours (ultime ?)… mais pourrait intervenir afin de sanctuariser les sites chiites des villes de Najaf et Kerbela…
La Turquie se retrouve dans une situation beaucoup plus complexe. Ayant soutenu pour part certains groupes djihadistes en Syrie, la montée en puissance des Kurdes au sein du Kurdistan irakien n’est pas sans lui poser problèmes….

Scénarii possibles :
- Effondrement du pouvoir irakien, chute de Nouri Al-Maliki, affrontements entre la milice de Moqtada al Sadr et l’EIIL et sortent de partage nord (EIIL) sud (armée du Mahdi) de l’Irak… la position américaine est à ce titre assez « étrange »… leur « attentisme » jouant clairement le jeu de l’effondrement du pouvoir
- Affrontements communautaires violents dans les principales villes irakiennes dont Bagdad avec l’EIIL au nord (pour contrôler les routes du pétrole). La prise des villes est importante pour des questions de prestige mais aussi pour des questions tactiques (le terrain y est plus favorable au contrôle et restreint les capacités de frappes aériennes).
- Jeu « d’impuissances réciproques » (expression de Michel Goya) concrétisant une partition de fait en plusieurs zones

Dans tous les cas, sans une intervention forte et immédiate, l’EIIL va au minimum créer une zone grise d’insécurité permanente dans cette partie du PMO, aspirant de potentielles recrues étrangères au djihad…
Nous allons probablement vers la constitution d’une zone d’affrontements longs, dépassant le cadre géographique syrien, touchant désormais l’Irak et pouvant s’étendre à d’autres pays (Jordanie ?)…
Le « jeu » des pétromonarchies (Arabie Saoudite et Qatar en tête) est essentiel dans la problématique qu’elle soit en Irak mais aussi en Egypte, en Syrie, au Yémen, en Afrique, .., mais chut, il ne faut pas le dire….

Cela n’a pas grande importance….


Un emploi du temps surchargé m’a tenu éloigné (trop longtemps) de ce blog…

Toutes les grandes voix de l’UMP (Raffarin, Juppé, MAM, JFC) ont fustigé tant la tribune Guaino-Wauquiez sur l’UE que le livre de Laurent Wauquiez (« Europe, tout doit changer »). Ces attaques sont intéressantes et instructives politiquement pour deux motifs.
D’abord dans les termes utilisés : « irresponsable », « stupide », « invraisemblable », « populiste ». Dès que l’on attaque la construction européenne (dans la forme comme dans le fond) ou que l’on pointe ses faiblesses ; bref dès que l’on exprime un désaccord, les noms d’oiseau pleuvent… l’attitude dogmatique d’interdire le débat et la réflexion démontrant avant tout la désertion politique : panne de projet européen, panne de projection politique, panne de dessein politique collectif… Tout le monde (à de trop rares exceptions) récite des « éléments de langage » sans véritable réflexion hors mode idéologique du politiquement correct.
Ensuite sur le fond, il existe une incapacité à faire la distinction entre les institutions/politiques européennes et la réalité européenne. Incapacité de penser et de comprendre que de critiquer le système européen et vouloir le modifier en profondeur c’est aussi d’abord être profondément européen et vouloir renforcer l’union européenne.
De ce fait, le clivage n’est plus entre pro et anti-européen (y compris au sein du FN et du FDG) mais entre gardiens du dogme/temple (pro-européen béat) et critiques trop souvent amalgamés aux destructeurs de l’union (ceux que nous nommons pudiquement eurosceptiques).
Toute la campagne a été de dire et/ou de dénoncer, jamais de faire !!! (À l’instar de la politique européenne). Nous devons construire une Europe forte et solidaire. Forte pour faire face aux risques du monde mais aussi forte pour saisir les opportunités qui en résultent. Solidaire pour les peuples qui composent cette Europe.
Le « marketing politique » s’est substitué à la pensée politique et donc à l’idéologie (comprise comme vision associée à une stratégie déterminant les relations sociales). Désormais, nous assistons à une inversion du sens : la pulsion domine l’attention et la raison. De ce fait, il y a une « consommation politique », à l’identique à celle du coca cola et à la formule célébre de l’ancien patron de TF1 : « mon travail c’est de vendre à coca cola du temps de cerveau disponible ». Et cette consommation politique ne peut que créer des « envies politiques »… pas des savoirs.
Proposer donc une voie, la seule possible : celle de l’efficacité face aux dogmatismes ! (des gardiens comme des destructeurs). Proposer un nouveau temps de l’union européenne, définir où est-ce que l’on veut aller, pourquoi, et avec quelle méthode… De là, faire 2 à 3 propositions concrètes et compréhensibles par le grand public ; c’est-à-dire proposer de faire le bilan, de construire l’avenir et de définir une méthode à employer pour y parvenir :
- Dresser un bilan complet des politiques communautaires (coûts vs avantages) ;
- Définir de grands projets (Europe de l’Energie, Europe du transport, Europe de la défense, Europe de la recherche, Europe de l’éducation, …) ;
- Mettre en place une Union à géométrie variable (associer sur la voie de l’intégration les pays qui le veulent et qui le peuvent).

Mais la France a pensé et voulu l’Europe à six puis à douze. Et, elle découvre en perte de vitesse et de vision une Europe élargie désormais à 28… Personne à l’étranger ne croit aux promesses de la France. Aucune décision annoncée depuis deux ans n’a été effectivement tenue… La France, désormais, se situe ni au Sud ni au Nord de l’Union européenne d’après les dernières déclarations de Bruxelles… Elle est ailleurs…

L’Histoire d’un géant…


Cela pourrait être l’histoire d’un industriel, d’un géant déchu dont les réalisations passées ne suffisent plus à lui assurer un avenir. Cela pourrait être aussi l’histoire d’un pays, l’histoire d’une nation en déclin, dont la grandeur passée ne suffit plus à lui assurer sa place dans le monde en devenir…
Ce sujet ne saurait être une surprise pour le gouvernement. Le sujet était parfaitement connu depuis plusieurs mois, notamment suite à la dernière publication des comptes d’Alstom, il y avait une baisse de CA de 22% et un cash-flow négatif (de l’ordre de 500 millions). Le gouvernement s’affole et gesticule démontrant avant tout la perte de capacité du politique.
La problématique n’est pas tant de savoir si GE ou Siemens doit être le repreneur, mais quel est le projet industriel ? Nous allons vers un démantèlement (élimination d’un concurrent pour Siemens, et pour GE une récupération de compétences par découpage / dépeçage) avec pour Bouygues du cash (logique) au regard de son portage actionnarial.
Les investisseurs sont dans une logique de fusion-acquisition leur permettant de créer de la valeur (boursière) via le biais de consolidation industrielle parfaitement anticipable : les entreprises gagnent de la valeur/argent sur de la croissance organique dans une économie en expansion, mais dans une économie en stagnation vous rachetez des parts de marché (ce qui explique que dans les dernières années nombres de sociétés se sont focalisés sur le développement de leurs trésoreries afin de pouvoir acheter des « proies » par absence de relais de croissance organique). Certains voient dans ces rachats un signe positif sur la situation économique européenne ou l’attractivité de la France… A mon sens, aucun signe positif y compris en termes macro-économiques mais réaffirmation d’une fin de cycle économique.
Nous allons entrer en fin de cycle économique. La multiplication des fusions-acquisitions n’est jamais bon signe (à terme) pour les marchés financiers (2000 ou 2007 pour les derniers épisodes). Par ailleurs, la plupart de ces fusions-acquisitions sont des échecs opérationnels (absence de réelle synergie et recherche de parts de marchés)… mais pas en termes de création de valeur financière (démantèlement ou dépeçage des entreprises).
Au niveau des entreprises, les fusions-acquisitions vont se poursuivre du simple fait que les liquidités sont abondantes, que leurs détenteurs sont à la recherche de moyens d’allocations faciles sans réflexion d’ensemble, et que les entreprises comme dit, dans une période de stagnation cherchent de la croissance externe par acquisition de parts de marchés…
Au niveau boursier : la capitalisation boursière des entreprises européennes, asiatiques et plus encore américaines, sont surévaluées de l’ordre de 20 à 40%. Nous sommes dans une bulle de liquidités. Et les bulles ne se dégonflent pas. Elles explosent… et lorsqu’elles explosent la crise des capitaux est là. Rassurons-nous, les médias parleront d’une simple « correction » boursière, largement attendue…. Rappelons un fait qui me semble important mais souvent mésestimé : les marchés financiers sont des lieux où l’on échange, non des biens, mais des anticipations… rien d’autre. (En ce sens les derniers propos de Yellen sont foncièrement inquiétants).
Au niveau financier, la non régulation va entraîner une nouvelle crise systémique par effondrement du marché des capitaux… il conviendrait de démanteler les banques dites systémiques dont la faillite pourrait être absorbée par les marchés. Pour rappel, la société générale a (fin 2013) des engagements à hauteur de 48 000 milliards de dollars…A-t-elle les fond propres en face ? Pour rappel encore, les fluctuations de l’indice Dow Jones de plus de 400 points à la hausse puis à la baisse en une seule journée (1000 points d’écart le 06 mai 2010)…s’agit-il d’évolution logique, rationnelle ? Pour rappel encore toujours, plus de 60% des opérations boursières sont le fait aujourd’hui de « trading algorithmique »… Pour rappel toujours, la somme mondiale des actifs financiers est aujourd’hui de 160 trillions de dollars. Là encore, y-a-t-il une réalité matérielle en face ? ou du vent que l’on brasse et rebrasse ?
Ne nous trompons pas, la finance est au cœur des affrontements à venir dans l’apparition d’un nouvel ordre (cf déclaration de Poutine, cf achat massif d’or par la Chine, cf multiplication des accords monétaires bilatéraux, …)
Au niveau industriel, les différents gouvernements n’ont eu de cesse depuis des décennies de définir un environnement économique défavorable, de confisquer la liberté de gestion et de faire dépendre nombres d’industries de l’Etat tandis que ce dernier appuyé par les syndicats favorisait le refus d’adaptation… tandis que le patronat français se pensent comme propriétaire des entreprises et des industries (cf Kron ou Lagardere…)… Nous n’avons que trop rarement constitué des rapports de forces mais exclusivement des rapports de faiblesse permettant aux Politiques de se présenter comme grand ordonnateur ou sauveur….
Au niveau économique, pas de retour de la croissance et pas d’amélioration profonde malgré les dires du ministre… Nous attendons une sortie de récession et un retour de croissance et elle n’est (toujours) pas là. Et, disons-le, elle ne sera pas là ! Aux Etats-Unis, en Europe, comme au Japon (et, là encore, je le redis une nouvelle fois, les abenomics ne marchent pas et ne marcheront pas !), les indices de vente à la consommation sont mauvais (y compris pour l’alimentation).
De ca fait, le problème est ailleurs : pourquoi nos entreprises (petites et grandes) ont disparu ou sont rachetées par des capitaux étrangers (textile, habillement, métallurgie, aluminium, automobile, agroalimentaire, …). Ont-elles toutes faites des erreurs de stratégies ? Etaient-elles toutes mal gérées ? Ou y-a-t-il plus réellement et prosaïquement un problème d’environnement économique (charges excessives, réglementation, orientation de l’épargne pour les besoins de l’Etat et non pour ceux de l’économie, …) ? Les « mesurettes » de servent pas à grand-chose comme d’ailleurs le plan de 50 milliards… Pas de baisse du chômage non plus car nous ne cherchons plus à produire de la richesse, mais juste à produire de la valeur… Les négociations concernant le Traité transatlantique en est le dernier exemple inquiétant…
La seule solution, à mes yeux, c’est de prendre ses pertes….
Pour conclure, dans son livre intitulé « Effondrement », Jared Diamond mentionne parmi les raisons pour lesquelles des civilisations anciennes meurent, l’incapacité de leurs élites à se représenter clairement le processus de bouleversement / d’effondrement en cours ou, si elles en ont pris conscience, leur incapacité à le prévenir en raison d’une attitude de défense « court-termiste » de leurs privilèges…
Mais, une autre lecture me semble possible : les acteurs économiques « testent » la France (l’exécutif français) à être en position / posture de prendre des décisions fortes sur des dossiers stratégiques. La réponse pourrait être simple : Alstom est stratégique pour la France, donc c’est moi l’Etat qui prend la décision et je prends celle de préserver ce cœur stratégique… L’enjeu est donc politique et concerne la crédibilité de notre exécutif. Sans réponse, nos autres fleurons économiques pourront devenir des proies en cas de difficultés.