Les Etats ne remboursent jamais.


Les Etats ne remboursent jamais. Ils « roulent » leurs dettes y compris parfois jusqu’au défaut, soit par la croissance économique, soit par le biais de fuite devant la monnaie (hyper inflation). Ainsi à seule fin de rouler sa dette, la France aura besoin en 2013 de 300 milliards d’euros. Aujourd’hui, nous sommes, de fait, face à une crise systémique. Nous mesurons le vide politique. Les politiques semblent perdus dans l’abysse des dettes souveraines. Perdus et apeurés. Les médias ne cessent de rebondir sur ces craintes, tout en se posant en rempart de l’expertise…Les opinions publiques, européennes, sont elles aussi désemparées, face à cette brutale accélération de l’histoire. L’opinion publique n’a pas de but. Il n’y a pas, de vision politique. Dès lors, le défi politique actuel, est d’accrocher du positif à la fois sur la situation réelle du pays … tout le sens des propos de Cameron, de l’ancien slogan d’Obama…voire du rêve de la campagne de François Hollande…
Certes, la fin du triple A français par le biais d’une dégradation généralisée a enlevé le stress de la dégradation individualisé. Mais pas la réalité, car au risque de déplaire, il s’agit d’une erreur d’interprétation : les dettes souveraines ne sont pas la cause des problèmes actuels mais la conséquence.
Notre dette n’a servi qu’à permettre des transferts sociaux et aucunement la création d’actifs productifs. Les causes sont multiples et connues : périmètre de l’Etat trop large, coût du travail et absence de compétitivité globale, modèle social à la fois trop coûteux et inefficace… Notre modèle doit servir la compétitivité globale de notre pays comme la protection sociale de nos concitoyens. En est-il ainsi aujourd’hui ? A titre indicatif, les 25-55 ans représentent aujourd’hui 40 % de la population totale française, mais 80% des actifs. Il s’agit donc d’une base sociale démographique faible associée à une compétitivité individuelle extraordinaire… que le système social dans son entier réprime ensuite !
En réalité, protégés par l’euro, les européens (français comme les autres) ont consommé sous le crédit de l’Allemagne.
Oui, la Grèce va faire faux bond. Le terme est pudique, car, au-delà des mots, la Grèce a déjà fait défaut. Au niveau politique, les résultats des élections de ce dernier week-end aggravent la situation car les politiques grecs « gagnants » (néo-nazis et extrême gauche) ne veulent tout simplement pas assumer la responsabilité politique gouvernementale de leur victoire. La Grèce est entrée en tensions…Les marchés financiers suivent…Leurs relations sont elles aussi en trans-tensions…
L’idéal grec pourrait-il être de quitter la zone euro, un retour à la drachme avec une dévaluation supérieure à 50% et donc, immédiatement, de facto, l’impossibilité de rembourser 100% de la dette… Qu’en serait-il alors ? Cessation de paiement, dépréciation des devises redevenues nationales, mais pour instaurer un gain massif de compétitivité, il conviendra aussi d’y associer dépréciation réelle des prix et des salaires (de l’ordre de 30%)… Un modèle à suivre pour d’autres pays ? les conséquences sociales, politiques, géopolitiques sont immédiatement titanesques…
Oui, il convient de « restructurer » les dettes et d’anticiper un retour de l’inflation car les politiques savent qu’ils ne peuvent faire acter à leurs opinions publiques l’enjeu des pertes issues des dettes…
L’avenir de l’Union européenne comme celui de l’euro ne se joue déjà plus sur la Grèce…

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