Intifada ou Printemps Palestinien ?


Le traitement politique et médiatique du côté israélien comme palestinien évoque une « spirale de la violence  » et un « nouveau cycle de violence » …. Aucune analyse profonde. Juste une mise en temporalité de l’événement. Or, il ne s’agit pas de violence gratuite.

Révolte = absence de perspective d’avenir

Les jeunes palestiniens veulent se faire entendre… D’autant plus que l’autorité palestinienne est discréditée Les premiers auteurs des attaques (de 13 à 20 ans) n’ont pas connu les deux premières intifada (1987 et 2000) et ils ne veulent plus de compromis avec Israël. Deux décennies de négociations trompeuses de part et d’autre L’autorité palestinienne qui tente de justifier son existence pour exister par ces négociations Les responsables politiques israéliens qui cristallisent leur devenir politique (et eux aussi leur existence) sur l’affrontement permanent. Les deux responsables politiques (Netanyahou et Abbas) ne maîtrisent plus la situation.

Les israéliens et particulièrement Netanyahou ont été pris de court. Là aussi manque total de vision comme de réelle volonté politique de cesser la colonisation De plus la réponse sécuritaire du gouvernement israélien de tenter d’isoler les foyers et d’étouffement de résoudra rien sur le fond.

Est-ce une nouvelle intifada ?
Pas encore car ce mouvement est un mouvement de révolte spontanée dans lequel tant le Fatah que le Hamas sont dépassés Le saccage du tombeau de joseph n’est pas anodin puisqu’il avait déjà eut lieu il y a 15 ans exactement en octobre 2000 lors de la seconde intifada

Cette révolte est radicalement différente des deux précédentes De la aussi l’importance de vouloir la nommer « révolution ». Y compris pour faire de ce moment l’équivalent des révolutions arabes dites du printemps arabes…  Ce n’est pas rien et il faut l’intégrer sur le long terme !!  Si israel ne veut pas le comprendre cela sera plus violent encore… Les tensions montent aux extrêmes dans le long terme

Sans perspective de solution politique, les tensions actuelles vont exploser en une déflagration majeure pour les deux camps. Intifada ou pas il faut une solution politique.  Immédiatement une initiative du président israélien qui est respecté de part et d’autre et en parallèle la recherche d’un accord politique entre israélien et palestinien sur la question de Jérusalem avec médiation du Vatican

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Elections présidentielles en Egypte


Mohamed Morsi, candidat des frères musulmans, a remporté la présidentielle égyptienne en obtenant 51,73% des voix contre 48,27% pour Ahmad Chafiq, dernier premier ministre du Président Hosni Moubarak. Morsi, ingénieur de 60 ans, devient le premier dirigeant islamiste du pays le plus peuplé du monde arabe. Il est aussi le premier civil (mais un religieux et un ancien prisonnier politique) à devenir chef de l’État depuis 1952 (chute de la monarchie), ses prédécesseurs étant tous issus des rangs de l’armée. Par ailleurs il est l’ombre de Khairat al Chater dont la candidature à l’élection avait été invalidée.
Sa marge de manœuvre sera extrêmement réduite face au Conseil Militaire et aux forces armées (Conseil Suprême des Forces Armées – CSFA) qui ont récupéré le pouvoir législatif après la dissolution de l’Assemblée Nationale (mi-juin) contrôlée par les islamistes ; parallèlement le CSFA (au pouvoir depuis la chute de Hosni Moubarak) a dépouillé le chef de l’État de l’essentiel de ses attributions.
Nous assistons en réalité à des multiples tensions entre Islamistes et militaires, mais aussi entre laïcs et religieux… L’armée, qui vient de procéder à un coup d’état institutionnel, n’a cessé de réagir aux événements, de s’adapter à la situation afin de conserver son pouvoir et de faire face aux islamistes (une stratégie en réalité à l’œuvre tant en Égypte qu’en Tunisie depuis 15 mois). Par ailleurs, l’Armée voudra conserver un droit de regard sur la rédaction de la future Constitution. Un flou qui concerne aussi la composition du futur gouvernement… comme le non choix des électeurs Égyptiens entre la poursuite du modèle politico-militaire et la crainte de la théocratie (un quart seulement des électeurs se sont prononcés pour Morsi) … Au-delà des questions politiques, les défis sont considérables tant concernant les actions sociales à mener que concernant l’économie, le tourisme, les investissements… Et là n’est pas le moindre défi qui attend le nouveau Président élu…
Il est probable que les jours séparant l’élection des résultats ont été des jours de tractation entre les Frères musulmans et l’armée et donc qu’un compromis a été conclu… Que cherche le CSFA ? Revenir au statu quo ante et abolir les acquis de la révolution ? Marquer des points dans une négociation pour un partage du pouvoir avec les Frères musulmans ? Des garanties que leurs intérêts (économiques, budgétaires, et judiciaires ?) seraient pris en compte après avoir sacrifié politiquement Moubarak ?
Que recherchent les Frères musulmans ? Un retour aux valeurs de l’Islam et de l’arabité ? L’émergence d’une théocratie ? Quelles seront leurs relations / rapport de force avec les Salafistes ?
Que veulent les autres mouvements politiques issus de la Révolution, éparpillés mais représentant plus de 40% des électeurs inscrits…
Quel jeu, pour différents pays, allant de l’Arabie Saoudite à la Turquie, mais plus encore de l’Iran au Qatar ?
Quelles conséquences géopolitiques ? Probablement pas une remise en cause de l’équilibre régional ni des traités, mais plus certainement un appui renforcé au Hamas…
En conclusion, aucun des acteurs du processus de transition ne sait précisément où il va. Tous naviguent à vue en terrain inconnu, cherchant à marquer des points en prévision d’une situation future de rapports de force qui ira en s’intensifiant… les acteurs du processus savent qu’en Politique, suivant les préceptes de Machiavel, il importe autant d’être craint que d’être aimé… Les risques politiques sont donc forts… mais l’enjeu premier est d’ordre économique ce dont personne ne parle… Or, c’est sur ce dernier sujet que des boucs émissaires risquent de devoir être trouvés…