Tour d’horizon géo-stratégique…


Syrie :
Rencontre entre différents chef de services de renseignements occidentaux dont USA, Fr, Russe, un constat : en l’absence d’un consensus politique autour d’un gouvernement de transition, le gouvernement Assad se maintiendra au pouvoir….
Pour nombres d’analystes, c’est l’accord sur le désarmement chimique de la Syrie qui a aidé Assad à se renforcer et à se maintenir dans une position de force (accord du mois d’août 2013 entre la Russie et les Etats-Unis). Désormais, il y a très peu de chances que les rebelles armées puissent le déloger.
Les Etats-Unis font le constat que la politique de l’administration américaine a été un fiasco…et qu’il convient de changer de stratégie. Les responsables des services américains indiquent que la situation actuelle en Syrie (développement des groupes djihadistes, contrôle de régions syriennes par Al-Qaeda) menace leurs intérêts nationaux et que des frappes ponctuelles (contre certains groupes) pourraient être réalisées. D’autres options militaires seraient en cours d’élaboration.

Mali :
Les désaccords politiques se multiplient entre la France et le nouveau président malien Boubakar Keita. De part et d’autres on parle de manque de confiance. A ce titre, l’accord de défense préparé n’est toujours pas signé par le président malien… qui a fait attendre de longues heures JYLD lors de leur dernière entrevue.
Les proches du président Keita indiquent aujourd’hui que la réconciliation se fera sur le long terme et que la priorité doit être au développement. Or, l’enquête de la CPI concernant le massacre d’Aguelhok (janvier 2012) risque de mettre en lumière des exactions commises certes par les djihadistes (cible facile) mais aussi potentiellement des membres du MNLA et de l’armée malienne…. En parallèle une lutte d’influence se déroule entre le Maroc et l’Algérie qui se disputent la place de médiateur entre d’une part le gouvernement malien, le MNLA et différentes parties…
La principale crainte de la partie française est que désormais le président Keita ne « pactise » avec les groupes djihadistes pour lutter contre les mouvements touaregs (notamment MNLA) dans le nord du pays. Or, non seulement l’armée française dispose d’officiers de liaison auprès du MNLA mais la France prône la réconciliation… alors que les combats se poursuivent.
Dans la région du nord-ouest du Mali, les opérations militaires et/ou secrètes se multiplient contre des groupes djihadistes tandis qu’un nouveau groupe vient de se constituer (les Mourabitounes) dirigé par Mokhtar Belmokhtar (Algérien) appuyé par des liens transfrontaliers notamment via le sud Libyen.
De ce fait, la France est contrainte de réorganiser son dispositif militaire dans le Sahel : 3 000 hommes autour de quatre bases principales (Gao, Niamey, N’Djamena, Ouagadougou) avec installation d’ici l’été d’un état-major régional au Tchad (N’Djamena). Cette réorganisation été présentée aux responsables américains tout dernièrement.

Libye
Le sud de la Libye (zone frontalière du sud-ouest avec l’Algérie, le Niger, le Tchad, l’Egypte) est en train de se transformer en nouveau sanctuaire djihadiste. Actuellement, avec l’accord des autorités libyennes, des forces spéciales américaines mènent des opérations.
C’est au sein de ce sud-ouest libyen que les groupes djihadistes actuellement se reposent, se reconstituent, et se préparent. Des affrontements ont ponctuellement lieu entre ces groupes et certaines tribus (notamment les Oeuled slimane anciennement proche de Kadhafi, mais aussi avec les Toubous, tribu nomade) mais aussi une force islamiste (ex-tuwars) dépêchée par le gouvernement libyen.
Actuellement les groupes terroristes (en provenance du Mali) se sont installés le long d’un axe de 400 km entre Ghat (frontière sud-ouest entre la Libye et l’Algérie) et Oubari (au sud-ouest de Sebha), tout en étant présent au nord de la frontière avec le Niger… et s’appuient en parallèle sur différents trafics (armes, drogue, produits alimentaires) et certains groupes bien implantés comme le Groupe Islamique combattant libyen.
Non seulement la France envisage désormais une intervention militaire (rencontre JYLD / Chuck Hagel) dans cette zone (des éléments de nos services se trouvent déjà dans cette zone) mais divers pays périphériques nous y poussent. Ainsi le Niger vient d’en faire la demande à la France (rencontre Fabius Mohamed Bazoum) mais aussi discrètement aux Etats-Unis en ayant pris soin d’en discuter avec des émissaires chinois.

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Une réflexion sur “Tour d’horizon géo-stratégique…

  1. ciralda dit :

    Syrie, pour quel résultat ?
    Mali, au cœur de guerres d’abord tribales, avec des crimes de sang qui sépareront longtemps ceux que l’on veut associer, pourquoi s’y obstiner ?
    Libye, sur la dépouille d’un pays, les parasites s’installent…

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