Candeurs et illusions stratégiques…


Partout des politiques monétaristes ont été mises en place, sans aucune vision à terme des conséquences de ces mêmes politiques. Non-conventionnelles, désespérées ; les qualificatifs ne manquent pas pour décrire des politiques expansionnistes aggravant les situations… certains appelant même l’Union européenne à emprunter les mêmes voies, distordant la réalité en analysant la crise comme une simple crise monétaire et non pour celle qu’elle est : le bruit du changement annonçant la fin d’un cycle de transition et la naissance (à terme) d’un nouvel ordre… La planète craque parfois sourdement, parfois silencieusement, parfois même sous un aspect d’immobilisme… . Le sens de la complexité rendrait-il aveugle ? Nombre d’exécutifs planétaires devraient intégrer que, si le Verbe est utile, il ne remplace pour autant pas l’action. La candeur politique n’est pas une stratégie !
Ainsi de l’Euro. L’euro est condamné mais bien peu osent le dire. Surtout pas nos responsables politiques. Ainsi, en 2012 le Président français Nicolas Sarkozy déclarant que la crise financière étant terminée, et beaucoup plus récemment (et de manière encore plus préoccupante) le Président français François Hollande déclarant que la crise de l’euro était derrière nous, et répétant lors de son déplacement au Japon que la crise de l’eurozone est terminée… La fermeture des chaînes de radio et de télévision publiques grecque nous montre ; au-delà de la décision, que cette crise est loin d’être terminée, tout comme la discrète réinjection de 43 milliards d’euros la semaine dernière dans ce pays.
Parallèlement, les bulles se multiplient qu’elles soient économiques, financières, immobilières, mais aussi sociales et politiques. Or, selon un principe de mécanique physique, une bulle ne se dégonfle pas, elle explose… Toujours… Partout semblent se mettre en place les politiques du pire… Nous ne réglons pas les problèmes. Nous les masquons. Culture bien particulière de la jouissance du pouvoir et non de l’exercice du pouvoir…
Les trans-tensions que nous décrivions dans de nombreux billets précédents sont bel et bien là ; de la Tunisie à l’Egypte, de la Libye à la Syrie, de la place Gezi Parki à la télévision publique grecque, de la Chine aux Etats-Unis, du G20 au G8, de la Suède au Portugal, des manifestations au Brésil à celles en Espagne…comme à celles en France pour d’autres motifs, mais tout autant essentielles… Elles ne sont en réalité que la conjonction de deux phénomènes : d’une part celui que je nommerai pudiquement de festin impudique de la mondialisation (Turquie, Brésil, …) et de l’autre celui déjà nommé et décrit de politisation horizontale spontanée de la population mondiale…
Que l’un ou l’autre s’exprime et des débordements apparaissent ; que les deux se rejoignent et l’amplification politique pour un autre possible est là… L’autosatisfaction de certains responsables politiques, voir leur morgue, ne peut que décourager une large part des opinions… … crise politique à venir car ne plus croire en rien aboutit simplement à croire en tout….
Ce que Dominique Reynié nomme la visibilité du possible se renforce partout y compris dans tous les pays démocratiques, car partout où elle existe la démocratie n’est plus apaisée. De fait, comment ne pas voir au Brésil, en Turquie, et demain en Chine, au Maroc, mais aussi probablement ailleurs, que face à une double demande locale de meilleures répartitions des richesses et de sécurité (physique, alimentaire, culturelle, sociale, …), les croyances en les institutions socio-économiques et politiques n’existent plus, car dans nombres de pays les institutions sont définies comme corrompues à l’instar du Brésil et de la problématique de la loi Pec 37 ou encore du PCC (Primeiro comando da capital) ; ou encore des institutions considérées comme non démocratiques car non élues (FMI, UE, …) à l’instar des dernières manifestations au Portugal.
Un milliard d’individus ayant entre 18 et 24 ans sont en train de modifier structurellement et durablement les concepts politiques. Alors qu’il semble que les partis politiques sont en train de disparaître comme forme d’organisation classique des débats politiques ; nous assistons non seulement et réellement pour la première fois (grâce aux téléphones mobiles et réseaux sociaux), à la naissance d’une sorte d’Agora mondiale ; mais aussi à la structuration des affaires publiques planétaires autour d’items universels… privilégiant des outils naturels (mobiles) par une nouvelle génération leur permettant de créer spontanément des mouvements collectifs dans une Vérité politique désormais disponible permettant de rejoindre le rythme du monde

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Une réflexion sur “Candeurs et illusions stratégiques…

  1. ciralda dit :

    Sans qu’il y ait lieu de s’en réjouir, quelques signaux pourraient être salutaires en effet : Turquie et Brésil pour les derniers d’entre eux, car l’exaspération de la rue ne rentrait pas dans nos schémas précédents de ce que le monde devenait… La fin d’une ère se marque par des désordres qui permettent la rupture. Avec la mondialisation, la rupture devient universelle et sa complexité dépasse ce qui est aisément accessible à l’intelligence humaine. Il faut donc être modeste, aux aguets et prêts à agir…
    Une seule voix sans doute est prophétique dans ce brouhaha : celle du pape François. Il faut l’écouter, et l’appliquer…

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