Syrie…


La rébellion a sans doute atteint son point culminant. Elle avait réussi à prendre d’importantes portions de territoires, des villes importantes et des points militaires. Mais le régime de Bachar El Assas a tenu et semble désormais reprendre progressivement les pertes consenties. D’abord dans une logique géostratégique avec la reprise de la périphérie de Damas et de l’axe alaouite (axe Damas Méditerranée). En cela, le régime bénéficie d’alliés comme la Russie qui fournit à la fois soutien diplomatique et armes, le Hezbollah et l’Iran (armes, combattants, financements), et même l’Irak devenue nœud logistique de ravitaillement…
Bachar El Assad est en position de force, la reprise de Qousseir est importante dans l’axe géographique sud-nord, mais la reconquête du territoire prendra du temps… Le soutien du Hezbollah pose problème y compris pour le régime syrien… La problématique syrienne n’est pas terminée…y compris par les armes.
Face au pouvoir syrien, la rébellion, déjà fragmentée, se disloque. Au niveau politique, l’opposition au régime de Bachar El Assad n’est pas structurée, fragmentée autour de quatre composantes principales : Opposition démocratique intérieure ayant fait le choix d’une transition négociée ; Opposition islamique dominée par les Frères Musulmans et soutenus par le Qatar, la Turquie, l’Arabie Saoudite (dans un jeu de billard) ; Opposition armée (ASL) elle-même totalement hétéroclite et ne reconnaissant aucune autorité ; Opposition salafiste (djihadiste) soutenus par le Qatar et l’Arabie Saoudite et comprenant des volontaires étrangers.
Voulant jouer les éclaireurs, l’initiative de l’exécutif français d’armer les rebelles syriens en dehors de tout consensus international était troublante. Plus encore celle de vouloir s’immiscer dans une crise sans mandat de l’ONU ni légitimité juridique. Pas même de consensus diplomatique à l’instar de celui sur la Libye. Pire encore, la déclaration française contrevenait aux précédents accords de cet exécutif avec nos partenaires européens…
Les atermoiements, louvoiements, prises de décisions puis rétropédalages de la politique Française produisent des effets catastrophiques. Très clairement des initiatives ont été prises par la France selon des considérations médiatiques (déclaration de la saisie de la SPI par exemple)…
Désormais, les diplomaties américaines, britanniques, françaises, prises à leurs propres pièges, se trouvent dans une situation complexe. En réalité, si nous regardons les atouts de la diplomatie française (entre 2008 et 2010) et notre positionnement depuis 2010 (Ministre des Affaires Etrangères Juppé et Fabius), la France est la grande perdante de la future conférence internationale…
Concernant les armes chimiques, les premières preuves furent fournies il y a plus d’un mois par les britanniques. Cette usage d’armes chimiques pose avant tout un problème politique, car plaçant les Etats-Unis et d’autres pays face à la « ligne rouge » qu’ils avaient eux-mêmes définies en pensant l’avoir placé suffisamment haute pour qu’elle ne soit pas franchie… Toutefois, attention, oui, il y a eu usage de gaz incapacitants comprenant du gaz sarin mais les services français indiquent clairement qu’il s’agit pour le moment d’armes utilisés localement et de manière limitée…

Nous sommes devant un paradoxe stratégique : il n’y a aucun intérêt stratégique et surtout il n’y a pas de manières favorables à intervenir… Mais, ne rien faire aujourd’hui pose un problème de crédibilité politique et stratégique…

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Une réflexion sur “Syrie…

  1. ciralda dit :

    Vraiment pas d’intérêt stratégique ? Sauf ceux qui sont induits par la situation dans la région, dans les alliances de fait, etc. Redonner à la Russie une place qu’elle a perdue, à l’Iran une place qu’elle cherche à obtenir ? ou à l’UE celle qu’elle ne parvient à acquérir, à l’ONU celle qui n’est plus audible ? Que restera-t-il de la crise syrienne en sus des dégâts humains, sociaux et culturels ?

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