LBDSN


En ce jour de commémoration, et avec retard, je voudrais revenir très brièvement sur notre nouveau LBDSN….
La France a donc un nouveau Livre Blanc sur la Défense et la Sécurité Nationale…Plutôt que de vouloir ici analyser en détails son contenu et revenir sur différentes contradictions, tentons de poser quelques interrogations…
Quel sens ? Quel sens dans la réduction des forces ? Quelles missions ? Quid demain ? Quel sens de notre engagement passé en Afghanistan ou présent au Mali ? Redonner du sens mais qu’elle ambition pour la France ? Quelle ambition mais plus encore qu’elle stratégie générale pour la France ? En économie on parle de conquêtes, de territoires à conquérir, de marchés, même de guerre économique….. Mais notre attitude politique et stratégique nie cette réalité conflictuelle dans le domaine stratégique…. Aberrant ! Bref, pour revenir à la terminologie économique ; la seule prise en compte aujourd’hui ; qu’elle est la raison sociale de la France ?
Avons-nous tiré les conclusions de la fin de la guerre froide ? Sommes-nous matures stratégiquement ? C’est à dire en réalité avons-nous la capacité de nous engager dans des opérations militaires tout en assumant la terminologie guerre comme étant l’aboutissement d’une politique ? Le trouble est de faire la guerre sans la nommer… et plus encore de ne point vouloir la nommer dans un LB au profit d’une surabondance de la terminologie crises et menaces… Bref il aurait fallu redéfinir la France et sa place dans le monde, définir une vision mondiale de la France et l’assumer.
La stratégie étant le pont entre le politique et militaire, qu’est-ce que la défense apporte comme moyens outils atouts pour la politique française ? De là nous pourrons définir formats, moyens, et capacités. La France tente de s’aligner sur des puissances symétriques mais sans assumer jusqu’au bout son positionnement stratégique.
La guerre est l’acte suprême de la politique, le nucléaire étant pour certain le sacre !… Or mettre en jeu la vie de soldats et l’accepter / l’assumer est la plus grande crédibilité stratégique. Ce faisant elle renforce aussi la dissuasion nucléaire. L’inverse discrédite à la fois le politique et les forces armées. Les affaires militaires sont exceptionnelles dans une démocratie car elles réfèrent à la vie et à la mort. L’engagement des militaires est donc une marche qui intervient comme expression de notre volonté politique lorsque d’autres marches ont été gravies. La guerre est l’incarnation de la volonté politique. Il ne peut y avoir en la matière d’improvisation stratégique. Ce faisant les militaires ne font pas de la sécurité !

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