Afrique et ethnicité


Un petit billet ce jour pour revenir sur un événement de ces dernières semaines. D’autres suivront.
La mort de Meles Zenami (Premier Ministre Ethiopien) renforce l’imprévisibilité de la zone. La question du partage du pouvoir se pose de différentes manières, pouvant largement déborder sur les autres Etats, voir plus loin sur le continent.
– Sa succession va poser problème d’abord politiquement, entre recherche de direction collégiale et tentation pour certains, face à une opposition faible et trop parsemée, de chausser les « bottes » du « Maître ».
– L’Ethnicité pose elle aussi problème, le pouvoir s’étant appuyé exclusivement sur une faible minorité (les Tigréens représentant 6% de la population). Quels attendus pour les Oromos et les Amharas ?
– Le champ économique est lui aussi évidemment concerné puisque la minorité au pourvoir détenait non seulement les leviers politiques et militaires, mais aussi économiques. Au-delà, l’inflation, forte et en hausse, expose une large part de la population ; paysans en tête ; à des problématiques alimentaires. La malnutrition est toujours fortement présente dans le pays et des émeutes de la faims sont à craindre.
– Le champ religieux est apparu fragilisé aussi. Par la mort du chef de l’église chrétienne orthodoxe, proche du pouvoir, mais aussi par l’opposition musulmane qui demande une autogestion de leurs affaires religieuses.
Mais au-delà de ces éléments internes ; si des mouvements de guérilla intérieurs existent (Front de Libération de l’Oramo notamment ou d’autres mouvements dans l’Ogadan), le réel danger vient de l’extérieur : moins de l’Erythrée ou des shebabs somaliens que du vide laissé par cette disparition dans l’organisation et la gouvernance de toute la Corne de l’Afrique.
L’ethnicité est à nouveau sur le devant de la scène. Toujours perçue négativement, elle pourrait être néanmoins une solution au devenir africain et à son mal-développement. La Somalie, l’Ethiopie, le Sud-soudan ont ouvert une voie. Celle d’un possible redécoupage géographique d’espaces territorialisés par une géographie coloniale (40% des frontières du continent africains sont le fait de deux puissances coloniales : la France et la Grande-Bretagne).
Demain, le Mali ou le Sahel pourraient suivre la voie… même si nos élites parisiennes bien pensantes s’y refusent par oubli ou négation d’une histoire que l’on ne veut même plus enseigner pour ne point la connaître…

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