L’oeil du Stratège


La démarche de l’œil du stratège est d’essence politique : là où nous sommes ; là où nous devons aller ; c’est-à-dire se mettre en capacité de bâtir une stratégie.

La France a-t-elle encore un destin ? Notre modèle social tant vanté est-il encore viable ? Sommes-nous heureux collectivement ? Le Politique dirige-t-il toujours la société ?

La question décisive semble être en réalité que la France ne souhaite pas uniquement un projet mais une cohérence du possible et un Président pour Présider. On vote non pas pour une somme de valeurs mais pour une capacité à mettre en cohérence un projet et ensuite à être cohérent avec ce dernier. Or, au regard de la réalité et non des apparences fantasmées par les uns et autres candidats, le prochain Président, quel qu’il soit, risque fort d’être illégitime en des temps dangereux et révolutionnaires.

Illégitime car moins d’un français sur trois, en réalité, se sera prononcé pour lui. Temps dangereux car entre le 7 mai et le 17 juin 2012 s’ouvrira une fenêtre de vulnérabilité grande pour la France avec un flottement dans l’exécutif avec à la fois un Président nouvellement (mal) élu ne disposant d’aucune marge de manœuvre et un gouvernement en formation, un Parlement en campagne et non élu ; et des marchés financiers qui n’hésiteront pas à spéculer contre les intérêts de la France qui fonctionne sous influences et sous contraintes extérieures : d’abord celle des marchés financiers et de la dette ; ensuite celle de l’Union Européenne et de la crise de l’Euro ; avec en sus une incapacité constante de cet espace à produire de la croissance.

Existe-t-il aujourd’hui une possibilité de surprise endogène à trois semaines des élections ? Peu probable au regard de l’entretien soigneux et attentif du mensonge faisant apparaitre la démagogie comme possible…

Avons-nous alors conscience de ce que cela implique ? Coupes budgétaires importantes dans le secteur public et en premier lieu dans la Défense, Santé et Education ; allongement de la durée du travail ; baisse des salaires par le biais d’une politique déflationniste (en premier lieu celui des fonctionnaires) ; vente/braderie des biens publics… et in fine hausse du chômage et de la précarité…

Dès lors nous entrons dans des temps révolutionnaires confortés par l’arithmétique électorale puisque non seulement les partis des extrêmes représentent plus d’électeurs qu’un parti de gouvernement, mais plus encore parce que les abstentionnistes et électeurs des partis extrémistes seront majoritaires dans une conjonction de sentiment de profonde injustice, de peur et de recherche de radicalité. Tout le monde veut aller au Paradis, mais personne ne souhaite mourir…

Ludovic WOETS

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